mercredi 8 mars 2017

Tous derrière et lui devant






Déni, sociopathie, arrogance, enfermement... les mots ne manquent pas pour qualifier l'attitude du candidat Fillon qui n'en finit plus, en focalisant l'attention sur lui, de détruire le vrai débat nécessaire pour la prochaine élection présidentielle.
Au point que l'on finit par oublier les enjeux vitaux pour l'avenir d'un pays qui sombre dans un déclin que chacun peut constater.
En panne de projet pour l'avenir des Français car durant les différentes mandatures, nous avons assisté à des tentatives désespérées de gérer tant bien que mal les affaires courantes, nos partis politiques ont démontré leurs limites, leurs failles et leur incurie.
Fallait il qu'un seul homme pousse le système à son paroxysme, pour que l'on réalise enfin que la politique ne saurait relever uniquement d'un plan comptable?
Fallait il l'aveuglement d'un seul pour que les citoyens s'interrogent sur le vide sidéral qui prévaut depuis de nombreuses années en France?
En ce sens, cette crise est salutaire car il semble possible aujourd'hui d'envisager un véritable changement de société.
Lors de la chute du Mur, beaucoup à l'époque se sont réjouis de la fin de l'idéologie marxiste (et cela à juste, titre compte-tenu de sa mise en œuvre et des ravages occasionnés dans les pays qui l'ont subie).
Ceci étant, d'un monde bicéphale, nous sommes passés à une idéologie monolithique dans laquelle la seule valeur prise en compte devenait le marché et son corollaire, l'accumulation de gains.
Comment ne pas penser que cela ne pouvait en aucun cas constituer un projet de vie pour chacun, et un avenir pour l'homme.
Le renoncement des Républicains est révélateur de l'absence de fond qui sous-tend le combat politique.
Même pour la droite conservatrice, il y avait dans ce marasme, ce chaos, une opportunité de prendre une autre voie pour la France mais, pour des motifs indignes, purement stratégiques, ils ont choisi le pire : s'aligner derrière un homme qui s'est "radicalisé" lui-même, ainsi que son programme.
C'est la fin de la récré et peut-être ont ils pensé que désormais on pourrait au prix de cet incroyable recul, enfin goûter aux joies d'un débat calibré, formaté comme avant cette crise.
Manque de vision et stratégie suicidaire de la part de personnes qui prétendent prendre en main le destin du pays.
Le calcul est simple : nous sommes perdus, alors autant couler mais dans l'unité.
Juppé ayant décliné le marché de dupes (avec clairvoyance et dignité et non par orgueil), il ne restait plus personne pour prendre la suite, alors désormais "the show must go on" et nous avons assisté à la dernière clownerie de G. Larcher (2ème personnage de l'Etat).
Ce dernier conseil des Républicains aura sonné le glas de la Vème République qui est devenue parodique, pathétique et indigne.
Livrée au jeux politiciens, elle a perdu tout son sens et nous sommes aujourd'hui de retour vers la IVème, au temps des arrangements et des scandales politico-financiers.
La gauche n'est pas exempte de tout reproche puisque le PS, parti en perdition est incapable de s'unir et se trouve livré à ses pires égos.
Lorsque l'on n'a plus d'espoir en nos dirigeants, il ne reste plus que la rue ou le fol et terrible espoir d'une partie de la population, en la capacité d'un parti populiste pour diriger le pays.
Sans oublier le mysticisme d'un Macron et l'adoration qu'il suscite, pour des raisons aussi mystérieuses que la fascination exercée par les boy's band dans les années 90.