Il est peu de dire que l'attitude du "Chef des armées" envers le Chef d'état major des armées a heurté la sensibilité de la communauté des soldats.
Qu'il rappelle le CEMA au devoir de réserve , cela on ne peut lui contester, mais qu'il y ajoute une volonté marquée de l'humilier ( et au travers de sa personne celui de l'ensemble de ses frères d'armes) publiquement est indigne de celui qui se prétend " le chef".
La défense , justement parce qu'elle est tenue au droit de réserve, a connu une réorganisation impitoyable qui l'a contraint à œuvrer dans des conditions épouvantables sur le terrain, avec courage, mais au prix de nombreux risques inutiles.
Faut il rappeler à l'ensemble de nos concitoyens , le coût des opérations extérieures pour nos soldats pour leurs camarades, leurs familles ?
Faut il rappeler que régulièrement la France est endeuillée par la perte de jeunes hommes qui évoluent dans des conditions difficiles au service du pays?
Ces hommes qui appartiennent à la "Grande Muette" n'ont aucun recours, si ce n'est de compter sur leur hiérarchie pour leur apporter la considération et le respect qui leur est du.
Le Général de Villiers a fait honneur à son rang en se faisant le porte voix de ceux qui sont condamnés à subir en silence.
En ce sens et toute proportion gardée , il s'est comporté comme un responsable syndical ( sauf que lui n'est pas protégé par son statut) qui met en lumière une réalité que les dirigeants ignorent.
Cela devrait faire sourire nombre de soldats guère habitué à ce type de comparaison qui ne colle pas vraiment avec la mentalité du militaire.
A l'heure où il existe une volonté assez marquée de tuer le syndicalisme au travers de la loi travail , cela devrait interpeller nos concitoyens qui entrent dans le jeu du " les syndicats sont pourris, ils bloquent la France, empêchent le développement et les avancées).
Par une sorte de supercherie, on est arrivé à faire croire à une grande partie du peuple de France, que ses maux sont occasionnés , non par les détenteurs du pouvoir mais par les contre pouvoirs : syndicats, presse...
L'exemple de l'armée démontre avec force que le pouvoir absolu de l' exécutif est d'une dangerosité extrême et que le silence forcé est bien le garant, d'une politique qui se fait contre les hommes.
L'arrogance du petit homme face aux "grands hommes" qui meurent pour protéger leurs concitoyens, s'est exprimée sans ambages, et le Général de Villiers doit être loué pour ce qu'il a permis de mettre en lumière ( même si cela n'était probablement pas son intention).