samedi 16 décembre 2017

Le Sens de l' Histoire





​" Vous n' avez pas connu la colonisation? alors pourquoi vous venez m'embrouiller avec ça ?".
J'ai repensé à cette phrase de Macron en Algérie,  je l'ai analysée, décortiquée jusqu'à ce que je puisse, une fois la sidération passée,  trouver les mots pour dire ce qu'elle m'inspire.
J'ai 56 ans et je suis issu de parents nés en Algérie, ceux que l'on nommait Indigènes ou simplement " les arabes", au "temps béni des colonies" ( c'est bien la première fois que je cite Sardou d'ailleurs)
Arrivé en France, en 1962 ( enfin je crois), je ne peux pas dire que ma vision de l 'Algérie soit imprimée dans mon inconscient, et pour être tout à fait honnête, mon expérience de ce pays se limite deux séjours d'un mois dans ma vie et à des réminiscences des rythmes lancinants du folklore  Constantinois.
Ceci étant, avec l'âge  j'ai tout de même réalisé que ce que je suis, est en partie et intimement lié à l' histoire de mes parents.
Evidemment,  cela ne se limite pas à mon goût prononcé pour "le Raz El Hanout" ou les merguez, mais plutôt une sorte de douleur très ancrée en moi, une révolte contre toute forme d'autoritarisme, une aversion profonde pour la soumission, et un désir profond d'inscrire ma conscience dans l'Universalité.
Le " j'étais pas né" générationnel dans lequel s'inscrit notre jeune Président ( enfin bon à 40 ans il est temps de quitter l'adolescence) représente la forme la plus aboutie d'un appauvrissement culturel affligeant qui qualifie assez bien notre époque.
De la même manière, ma conscience éveillée et probablement par l' Histoire familiale m'a  incité à m'interroger sur les grands événements de l histoire du XX siècle : la Grande  Boucherie de 14 18, la Shoah, les guerres sanglantes de décolonisation, enfin toute cette histoire qui n'est pas la mienne mais qui est celle de l'Humanité dont je suis un élément..
D'une certaine manière, et en dehors de toute vision Christique ( je pense être sain d'esprit), ces douleurs sont devenues une part de moi, et il me semble que cela se retrouve heureusement chez un certain nombre de personnes.
Alors je sais qu'il est incongru d'attendre d'un Chef d'état qu'il soit un homme éclairé, et que les attentes du jour relèvent du management et de la gestion, mais tout de même : Comment prendre en main l'avenir d'un pays si on ne le replace pas dans un contexte Historique?
Cette phrase prononcée par notre Président en Algérie, outre le fait qu'elle soit insultante pour tout un peuple constitue pour nous une véritable honte.
S'extraire ainsi, non pas des convenances, mais de l'Humain, est révélateur d'une arrogance ( qui s'est déjà exprimée par ailleurs) insupportable qui est la marque de fabrique de Macron.
Arrogance que l'on retrouve dans son comportement vis à vis du peuple ( dans sa façon soit disant franche de s'adresser aux citoyens), vis à vis de nos soldats, vis à vis des serviteurs de l' Etat en général.
Monsieur le Président, votre positionnement à la tête d'un grand et vieux pays implique de la tenue , de la dignité car vous en êtes son représentant et uniquement cela (d'ailleurs on devrait bannir de notre vocabulaire l'expression " Chef de l'état" car certains finissent par y croire).
Le sens de l'Histoire est la condition indispensable pour présider aux destinées d'un Pays, mais je doute que cela s’apprenne dans une école de management ou même dans n'importe quel établissement.

dimanche 24 septembre 2017

Le Mépris



Curieux , bien curieux sont ces commentaires sur la multiplication des sorties de notre Président qui, à défaut d'être porteur d'une vision pour l'avenir du pays, nous sert régulièrement son mépris pour ce peuple qu'il ne comprend pas.
Comment des commentateurs éclairés de la vie politique, peuvent ils laisser croire que nous aurions à la tête du pays,  un homme atteint de la maladie de Tourette, qui malgré lui, laisserait s'échapper un verbe assassin ?
Macron dit ce qu'il pense des Français : Fainéants, amorphes, râleurs, et en ce sens il est représentatif d'une frange de la population ( celle qui a voté pour lui en conscience et pas par défaut) pour laquelle la vérité se trouve dans le libéralisme économique, dans une société où régnerait une pensée unique.
En effet, notre système a démontré qu'il était générateur de richesse pour tous, garant de la sécurité, protecteur des faibles, et pour cela il suffit d'ouvrir les yeux pour en faire le constat.
C'est une évidence, le libéralisme a amené sur la terre dans le monde entier,  le bonheur pour tous les êtres, et les conflits sanglants (qui trouvent généralement leur source dans des luttes d'influence entre états avides d'hégémonie et d'accumulation de richesses) qui agitent la planète,  ne sont que des épiphénomènes qui ne méritent guère que l'on s'y attarde.
Le réchauffement de la planète ? une blague née dans l'esprit fantaisiste de quelques allumés écolos qui sont viscéralement contre les 4X4 ( ceux que l'on voit en double file à la sortie de certains établissements scolaires),
Les dégâts causés par l'agriculture intensive? des personnes aigries qui sont contre le progrès de l'industrie agro alimentaire.
La pauvreté dans le monde ? une manipulation de la pensée qui tend à ne montrer qu'une face bien minime d'un libéralisme qui triomphe partout ailleurs.
Macron cherche à développer dans ce pays,  l'esprit conquérant de l'entreprise qui permettra à chacun de créer sa structure ( il a bien dit créer et pas forcément en vivre) et se heurte à un scepticisme entretenu par les syndicats, les dangereux agitateurs ( voir "les insoumis" qui sont à ses yeux des Français aigris, jaloux de la "réussite des autres", et surtout des révolutionnaires à la sud américaine qui veulent l’empêcher de réaliser son " grand projet pour la France blablabla....) .
Il a raison, nous sommes un peuple qui se révolte et à qui il est difficile de rester dans un état de soumission,  et peut-être que pour le comprendre faudrait il le considérer par son histoire.
La révolution Française n'est pas intervenue du jour au lendemain et a constitué le terme de siècles d'oppression, d'humiliations pour le peuple.
Finalement on peut tout de même admettre que nous sommes un peuple patient et que nous sommes probablement aujourd'hui dans une expression légitime et pacifique d'une exaspération bien réelle et surtout très juste.
Alors, répondre à cela par "le mépris" est la garantie de voir cette expression se transformer peu à peu en une colère qui pourrait évoluer vers une violence destructrice.
Macron et ses disciples devraient se rappeler que la démocratie n'a jamais été le pouvoir d'un petit nombre sur le plus grand et qu'elle trouve son sens dans la prise en compte d'une conscience collective qu'il faut savoir percevoir et apprécier à sa juste valeur.
Son élection n'est pas un blanc seing et la voix du peuple de la rue lui intime aujourd'hui de sortir de sa "Tour d'ivoire" et et d'aller à sa rencontre.
Monsieur " Le Chef" n'oubliez pas que l'autorité se fonde sur l'écoute et le respect de ceux que l'on dirige et qu'un pouvoir auto proclamé porte un nom.



dimanche 16 juillet 2017

le petit et le Grand Homme





Il est peu de dire que l'attitude du "Chef des armées" envers le Chef d'état major des armées a heurté la sensibilité de la communauté des soldats.
Qu'il rappelle le CEMA au devoir de réserve , cela on ne peut lui contester, mais qu'il y ajoute une volonté marquée de l'humilier ( et au travers de sa personne celui de l'ensemble de ses frères d'armes) publiquement est indigne de celui qui se prétend " le chef".
La défense , justement parce qu'elle est tenue au droit de réserve, a connu une réorganisation impitoyable qui l'a contraint à œuvrer dans des conditions épouvantables sur le terrain, avec courage, mais au prix de nombreux risques inutiles.
Faut il rappeler à l'ensemble de nos concitoyens , le coût des opérations extérieures pour nos soldats pour leurs camarades, leurs familles ?
Faut il rappeler que régulièrement la France est endeuillée par la perte de jeunes hommes qui évoluent dans des conditions difficiles au service du pays?
Ces hommes qui appartiennent à la "Grande Muette" n'ont aucun recours, si ce n'est de compter sur leur hiérarchie pour leur apporter la considération et le respect qui leur est du.
Le Général de Villiers a fait honneur à son rang en se faisant le porte voix de ceux qui sont condamnés à subir en silence.
En ce sens et toute proportion gardée , il s'est comporté comme un responsable syndical ( sauf que lui n'est pas protégé par son statut) qui met en lumière une réalité que les dirigeants ignorent.
Cela devrait faire sourire nombre de soldats guère habitué à ce type de comparaison qui ne colle pas vraiment avec la mentalité du militaire.
A l'heure où il existe une volonté assez marquée de tuer le syndicalisme au travers de la loi travail , cela devrait interpeller nos concitoyens qui entrent dans le jeu du " les syndicats sont pourris, ils bloquent la France, empêchent le développement et les avancées).
Par une sorte de supercherie, on est arrivé à faire croire à une grande partie du peuple de France, que ses maux sont occasionnés , non par les détenteurs du pouvoir mais par les contre pouvoirs : syndicats, presse...
L'exemple de l'armée démontre avec force que le pouvoir absolu de l' exécutif est d'une dangerosité extrême et que le silence forcé est bien le garant, d'une politique qui se fait contre les hommes.
L'arrogance du petit homme face aux "grands hommes" qui meurent pour protéger leurs concitoyens, s'est exprimée sans ambages, et le Général de Villiers doit être loué pour ce qu'il a permis de mettre en lumière ( même si cela n'était probablement pas son intention).


mercredi 24 mai 2017

La conscience : l'arme absolue.








Encore un attentat ciblé pour la valeur du symbole qu'il représente, de très jeunes gens venus pour écouter leur idole.
Il est naturel que cela suscite l'horreur et une émotion partagée par l'ensemble de la communauté internationale, et c'est bien le but recherché par ceux qui manipulent à distance des criminels dormants, qui trouvent là,  un exutoire pour exprimer leur haine de l'autre.
Comme chaque fois que cela se produit, se posent les mêmes questions et s'expriment les mêmes interrogations sur les moyens à mettre en oeuvre pour que cela cesse.
Daesch sait et connait parfaitement les failles de notre pensée commune et compte sur notre incapacité chronique à penser le monde hors de nos périmètres restreints.

Tant que nous serons incapables de raisonner sur une autre échelle,  à la fois Géographique, Historique et Philosophique, il y a fort à craindre que l'impact de ces actions sur nos territoires porte ses fruits.
Depuis Mars 2015, environ 3800 morts civils ont été causés par la coalition des alliés de l'Arabie Saoudite dans le conflit  Yéménite.
Bien évidemment, il n'est pas question de se livrer à une comptabilité morbide qui n'aurait aucun sens et qui serait indigne.

Ceci étant, il convient de s'interroger sur nous-mêmes, nos mentalités,  et sur l'ensemble des illusions qui nous voilent la vérité et font de nous des cibles parfaites,  pour ceux qui cherchent à nous diviser.
Jusqu'alors, la digue n'a pas cédé mais certains signes sont inquiétants.
Lorsqu'une éditorialiste sur une radio périphérique, au lendemain de l'attentat,  pose la question de savoir si il ne serait pas préférable pour les musulmans intégristes de "raser leur barbe", j'y vois la réussite de l'entreprise destructrice des criminels de Daesch.
On pourrait dire qu'il ne s'agit là que d'une réflexion stupide (à juste titre d'ailleurs), mais pendant encore combien de temps allons nous tenir face à l'horreur programmée par le Terrorisme qui clairement ne cessera pas de si tôt.

Il y a donc, au-delà des actions indispensables sur le plan de la stratégie du combat, à faire un travail, certes long, pour faire évoluer les consciences.
En finir, avec une mythologie qui nous emprisonne, et qui nous conduit à penser que la barbarie, la violence, sont des épiphénomènes, alors que la simple observation devrait nous amener à penser l'inverse.
L'homme n'est pas "naturellement bon" et "admettre n'est pas renoncer".
Qui, au regard de l'histoire, pourrait nier que la puissance de la conscience collective, voire parfois même d'un seul homme, est à même de  constituer un rempart solide contre les oppressions de tous ordres ?

J'entends déjà ceux qui taxeront ce discours de naif, voire de criminel,  mais il ne s'agit pas d'évacuer les solutions radicales qui sont indispensables, mais d'aller plus loin et d’entamer une marche sur une voie qui nous sortira de la faiblesse dans laquelle nous sommes,  et qui fait de nous des proies faciles pour les obscurantistes de tous bords.

Changer, non pas le monde,  mais notre vision restreinte, notre périmètre étriqué, pour aller vers une Conscience Universelle, ne relève pas de la philosophie de comptoir,  mais constitue le moyen le plus durable de lutter contre ceux qui jouent avec nos consciences.
Au-delà d'une réalité bien tangible et sanglante, nous sommes dans un conflit qui cherche à atteindre la profondeur de nos convictions, et à cela nous devons opposer la puissance de notre lucidité, la force de nos convictions.

Nous pouvons tous ensemble gagner ce conflit là,  et c'est en ouvrant les yeux sur le monde et en luttant contre nos peurs que nous nous opposerons au terrorisme.
Pour ceux qui en douteraient, je recommande un séjour dans des pays qui vivent cette situation depuis des années , et qui n'ont jamais cédé.
Au-delà des armes , c'est leur conscience collective qui les fait se tenir debout.




lundi 15 mai 2017

DIEU EXISTE JE L AI VU A L ELYSEE













J'ai croisé des militants du mouvement "En Marche" , et leur enthousiasme, leur sourire m'a rappelé mes années d'études à Aix-En-Provence.
A cette époque nous croisions sur le cours Mirabeau "les Enfants de Dieu" qui pratiquaient ce qu'ils nommaient " le flirty Fishing" destiné à ramener vers la secte les "brebis égarés".
Même attitude éthérée, même candeur affichée pour amener les électeurs aux législatives,  sur la voie de l'Unique, le "Grand Tout" :  Frère Emmanuel , celui qui sauvera la France de tous les maux et sans lequel il ne saurait y avoir de salut.


Emmanuel et sa famille, Emmanuel auprés des blessés,  Emmanuel qui prend dans ses bras une militante en pleurs et lui transmets par ses bras puissants  l'énergie du divin,  dont il est l'incarnation ... en France
La mystique Présidentielle a rarement atteint de tels sommets et trêve d'ironie,  cela ne présage rien de bon pour notre avenir.
La perspective d'un parti unique qui de surcroît s'arroge le monopole de la lutte Anti-FN,  est véritablement catastrophique pour la République et notre Démocratie.


Les leçons du premier et deuxième tour de la Présidentielle n'ont pas été bénéfiques, et le message délivré par les Français,  au travers du vote FN, du vote des Insoumis , de l'abstention,  et des votes nuls,  est totalement occulté au profit d'une sorte de "Mystique Présidentialiste" qui a dépassé le stade de l'hystérie collective.
L'officialisation du rôle de la première dame et la curieuse manière dont le Président impose aux Français la femme qu'il aime, la mise en avant d'une "love story" dont on se fout et qui frôle l'indécence ( par pour le décalage d'âge évidemment) quand les préoccupations des Français et les enjeux qui les agitent, sont sérieux et graves.
Cela est d'autant plus curieux que par une loi de moralisation, le nouveau Président veut imposer la fin du népotisme et freiner les conflits d'intérêt, et cela n'est guère relevé par les observateurs de la vie Politique.


Les Français n'ont pas dit qu'ils souhaitaient remplacer des vieux par des jeunes mais qu'ils ne supportaient plus l'absence de morale dans la vie politique, et d'ailleurs,  depuis quand l'âge peut constituer un brevet de sens moral.
Le peuple a hurlé sa douleur , a réclamé la prise en compte de ses aspirations profondes à la justice sociale, à la dignité, à un changement de société.
En aucune manière, il n'a réclamé une espèce de compassion larmoyante qu'on lui sert depuis l'élection et qui,  si on prend la peine d'y réfléchir , dégouline de paternalisme, chose qui a été rejeté par une grande partie des Français.


Il y a des limites dans la pratique de la symbolique quand le désir des Français clairement exprimé est celui de la vérité et de  prendre son destin en main.
D'autant que sur ce point, la mise en lumière du symbole n'a de sens que si on lui donne vie.


Dans ses déclarations, Emmanuel Macron en recherche d'une majorité de soutien, ce qui est légitime, déclare sans pudeur et de manière déraisonnable,  que son objectif est de tuer toute opposition.
Si les législatives prennent la forme d'un plébiscite, il est à craindre que la France s'installe dans une sorte de Monarchie Présidentielle de droit divin,  qui ne trouvera d'issue que dans,  et par les pires excès.
L'idolâtrie dans laquelle il se complaît n'est en rien un gage pour l'expression pluraliste que les Français ont appelée de leurs vœux


Alleluia !









lundi 8 mai 2017

MISSISSIPPI BURNING








" My old man was so full of hate that he didn't know that bein' poor was what was killin' him"
C'est une phrase prononcée par le personnage magnifiquement interprété par Gene Hackman dans le film de Alan Parker " Mississippi burning".
" Mon père était tellement aveuglé par la haine qu'il était incapable de comprendre que c''était la pauvreté qui le tuait".

J'ai regardé,  comme beaucoup de Français,  la soirée électorale du 7 mai, et j'ai entendu les discours des uns et des autres, hommes du passé, se perdrent dans des stratégies en vue des législatives et j'ai pensé :" ils n'ont donc rien compris".
L'intervention de Dominique de Villepin,  sur la nécessité pour le nouveau Président de redonner de la grandeur à la fonction, était très juste,  et très intelligente,  mais... totalement décalée au regard des attentes exprimées dans le vote et non vote de'une grande partie des Français.

On poursuit comme si il ne s'était rien passé,  à exprimer l'attente du nouveau Président d'une majorité Présidentielle qui lui soit acquise,  et qui  lui permettra d'imposer à une immense partie des Français,  une politique qu'elle sera condamnée à subir.

Au travers du vote Mélenchon,  La pauvreté, le désespoir de mes concitoyens s'est exprimé avec force dans ce scrutin, ,  un vote pour un changement des institutions et de société, émanent d'une frange de la population politisée,  qui s'organise en mouvement de fond,  à même de proposer.
Au travers du vote Le Pen,  un vote,  celui-là  assimilable à celui des "petits blancs" qui reportent leur misère réelle sur " l'autre", "celui qui a 15 gosses , qui touche les allocs , se fait soigner gratuitement, loger aux frais de l'état".

Hier soir, à l'exception des "insoumis" s'exprimant par la voix de leur représentant JL Mélenchon, il n'y a pas eu de voix de raison pour dire que le système dans lequel nous évoluons depuis 50 ans était mort le 23 avril.
Il semble difficile de faire comprendre aux politiques qui sont la cause de la montée de l’extrême droite, que le salut du pays passera par un changement profond de la vision de la société Française.
Impossible de les amener à admettre que le chantier primordial est la lutte contre la pauvreté, les injustices.
Impossible car ce système leur profite tout autant que l'exploitation de celui-ci par les cyniques du Front qui ne soucie guère du peuple mais qui lui parle.

La France brûle et ne pas le voir est porteur de violences qui,  immanquablement,  prendront la place d'un débat démocratique biaisé par une caste dirigeante qui nous emmène à notre perte.

Pathétiques et dangereux sont les "Baroin Dati Wauquiez, Cambadélis Royal, Collomb", ceux qui hier soir ont une fois de plus contribué à assassiner notre République.
Leur aveuglement ne peut que nous conduire à ce "dégagisme" que d'aucuns ont dénoncé comme démagogique mais qui semble être la seule solution, le seul espoir d'un changement véritable.

Nous ne pouvons nous résoudre à ce que la seule alternative soit représentée par le discours démagogue du Front,  représenté par une caste de médiocres,  avides de pouvoir,  qui remplaceront une nomenklatura par une autre encore plus dangereuse.
Alors oui, je souhaiterais que la France réussisse à se sortir du marasme dans laquelle elle se trouve,  mais cela ne peut se faire dans ce que l'on peut qualifier d'attitude "Munichoise", celle qui consiste à penser que l'on a écarté un danger alors que l'on n'a fait que lui donner les clés.

La complicité affichée entre Hollande et Macron lors de la cérémonie du 8 mai , qui est bien au-delà de la courtoisie Républicaine,  est un signe qui sera exploité par la droite et l'extrême droite, pour conforter la thèse d'une stratégie savamment élaborée pour la poursuite d'un système rejeté et honni.

Ce seront donc les législatives et,  pour ce que je crois,  la rue qui régleront définitivement la question de la Vème République et de ce qu'elle finit par engendrer à force d'être dénaturée : un régime autocratique, monarchique au service d'une aristocratie comparable à ce qu'elle fut en d'autres temps.






jeudi 4 mai 2017

Macron: La seule issue pour la révolution







J'ai publié sur mon blog récemment, et précisément le 24 avril un article dans lequel je faisais part de mes doutes quant au deuxième tour des elections.
J'y indiquais que Emmanuel Macron aurait tort de penser que son positionnement au premier tour était un plébiscite qui devrait le porter au pouvoir à l'issue du second tour.
Je l'invitais à analyser les résultats et s'interroger sur le message délivré par les électeurs.

"L'entre deux tours" a démontré que ce message partagé par une grande partie de l'opinion publique, par les analystes, les éditorialistes n'avait pas été entendu par le candidat Macron, qui reste persuadé que la conservation du système qui nous gouverne , reste la seule issue possible.

Il n'a visiblement pas été à même de comprendre et a raté une opportunité de devenir l'homme du changement, l'homme du renouveau.

Il lui a été aisé face à une Marine Le Pen qui répète inlassablement ce que  ses médiocres conseillers en communication lui dictent , d'apparaître comme un un homme sensé, calme et raisonné.
C'est heureux que les choses se soient passées de la sorte ,car cela permettra probablement à ceux qui doutaient,  de comprendre que le FN ne peut prétendre à diriger le pays,  et que l'issue d'une telle expérience ne peut conduire qu'au chaos.

Électeur de Mélenchon pour le premier tour, je n'hésiterai donc pas à aller voter pour Macron au deuxième tour, mais... en attendant le troisième tour.
Cela ne sera pas obligatoirement les législatives , mais il aura bien lieu.

Le vote par défaut qui sera le mien exprimera la simple volonté d'écarter le voyage sans retour que constitue le bulletin MLP,  qui serait contraire à mes convictions profondes, suicidaire pour le pays,  et qui nous amènerait à des actions  forcément hors norme.
Mais dés le lendemain, se posera encore une fois la question d'un rejet d'un système animé par le cynisme qui soumet le peuple à la volonté d'une minorité de s'enrichir sur le dos d'une majorité.
La Démocratie telle qu'était au Vème siècle av JC à Athènes était dans le contexte de l'époque, une idée, un concept qui faisait qu'en réalité seule la "Géné" bénéficiait du pouvoir et la plèbe restait en arrière.
La démocratie d'aujourd'hui qui bénéficie des avancées historiques, des combats menés, n'est plus une utopie mais une réalité tangible qui peut prendre forme, si l'ensemble de la population sort de ses peurs et d' une soumission qui peut être levée par une simple ( et complexe) prise de conscience.
" Nous sommes le peuple"

Il nous faut en finir avec un système qui asservit le peuple, qui impose l'idée d'une fatalité de la pauvreté, alors que celle-ci est organisée et voulue.

Mais clairement et avec beaucoup de détermination , j'affirme que  le vote  FN représente le suicide d'une nation qui s'est inscrite dans l'histoire comme celle qui a mis fin au pouvoir divin.
"Il est difficile d'aimer " comme le disait G. Vigneault dans sa chanson et tellement plus simple de se laisser aller à la haine,  ce qu'ont bien compris MLP et ses conseillers qui possèdent la mécanique de la "com".
Ils savent parler à ceux qui souffrent pour les abuser et se nourrir d'un état de déliquescence de la société qui n'est pas un fantasme, à l'instar d'ailleurs des mouvements comme le Hamas ou le Hezbollah au Moyen Orient ( avec les résultats que l'on connait)

Oui la raison s'exprime mieux  quand on a le ventre plein mais nous devons dire à tous ceux qui souffrent que rien ne peut se faire dans le rejet.
La caste des nationaux socialistes dans les années 30 40 n'était qu'un ramassis de voleurs psychopathes comme Goering et d'autres et n'a jamais été du coté du peuple, et cela est une vérité absolue et incontestable.

Le 7 mai, devront se rejoindre tous ceux qui veulent en finir avec ces injustices et ce système inique,  mais paradoxalement, cela s'exprimera par un bulletin Macron.
Pas un vote d'adhésion, mais celui de la possibilité de faire la révolution des "oeillets" préférable à celle du sang.

Les classes populaires ne trouveront d'issue qu'en se faisant confiance à elles- mêmes car personne et surtout pas une privilégiée du système ne saurait comprendre ce qu'est le désespoir.


lundi 24 avril 2017

LE IV REICH








Le titre de cet article risque de choquer et de paraître outrancier à bon nombre de personnes mais il est totalement assumé.
En effet, il semble utile de rappeler à tous que l'histoire est un éternel recommencement et que notre terre tourne autour du soleil mais effectue une révolution sur elle-même ce qui nous fait passer  de manière régulière de l'ombre à la lumière.

Ce que nous vivons actuellement en France ressemble à s'y méprendre à des situations vécues antérieurement par nos aînés , des situations qui ont bien existé et qui ont déterminé  notre environnement actuel.
Les éditorialistes depuis les résultats du premier tour des elections présidentielles se sont engouffrés dans le piège  tendu par les circonstances, sans procéder à une analyse au travers du prisme de l'histoire avec un grand "H".
Présenter Emmanuel Macron comme un homme du renouveau est d'une stupidité absolue quand il suffit d'observer que son ascension relève non pas d'une prise en compte des aspirations profondes de la société Française mais d'un calcul stratégique consistant à profiter d'un vide politique pour s'imposer comme un recours.

On a depuis hier reproché à Mélenchon de ne pas être entré dans le jeu en se comportant comme un indigné anti fasciste,en n'appelant pas à voter contre Marine Le Pen.
Mais que fait il? si ce n'est poursuivre son combat pour une démocratie réelle en disant qu'il ne saurait lui-même se positionner comme l'arbitre des consciences.
Que dit il? si ce n'est d'affirmer que les 450 000 électeurs qui se sont prononcés en faveur des idées qu'il défend,sont des adultes responsables et qu'il leur appartient de se déterminer en conscience pour le deuxième tour.
Cela, contrairement à Marine Le Pen, n'est pas du Populisme mais traduit bien au contraire un respect profond de chaque électeur et de sa capacité à prendre son destin en main.

C'est d'autant plus remarquable que ceux qui aujourd'hui s'indignent de ce qu'ils qualifient comme une attitude irresponsable, ne sont pas en mesure de prendre en compte la manifestation forte d'une partie de l’électorat.
Que nous dit on?  si ce n'est ; votez pour Macron sinon vous serez responsable de l'accession au pouvoir de Marine Le Pen et de l'éclosion du "IV ème Reich".

Quelle confiance pouvons nous porter à des politiques qui,  une fois de plus,  restent sourds à une volonté de changement qui s'est exprimée,  à la fois dans le vote de la " France Insoumise",  et dans le rejet des partis qui se partagent le pouvoir depuis 50 ans.
Ces deux éléments conjugués devraient normalement interpeller E. Macron et tous ceux qui ont pris le train" En Marche".
Il n'en n'est rien car la coalition des opportunistes, droite et gauche réunies, a trouvé en E. Macron une manière de prolonger un système que les Français rejettent, et ainsi poursuivre l'alimentation d'un fonctionnement qui conduit le pays à sa perte.

Avons nous entendu une voix qui se prononce pour la transformation profonde de notre système politique chez les admirateurs du gourou Macron ?
Le spectacle pathétique des LR, du PS se poursuit alors que la sonnette d'alarme résonne aux oreilles de la plupart des Français ( excepté les Fillonnistes enfermés dans leur certitude que la France est le pays des églises).

Alors oui, il est inconcevable d'ouvrir les portes aux Lousteau et consort, admirateurs de Degrelle et négationnistes affirmés, mais ne serions nous pas en droit d'attendre autre chose que des déclarations enflammés sur les "patriotes", "la république" de la part de celui qui a su, non s'inscrire dans l'Histoire, mais profiter des circonstances pour se hisser au premier rang?

Il serait souhaitable que Emmanuel Macron démontre qu'il est présidentiable en sachant écouter le message des Français qui ont hier, exprimé leur rejet d'un système moribond.
Si il ne le fait pas, il portera lui-seul la responsabilité d'un retour de la France dans l'ombre et d'une mise au ban des nations de notre pays.




mercredi 8 mars 2017

Tous derrière et lui devant






Déni, sociopathie, arrogance, enfermement... les mots ne manquent pas pour qualifier l'attitude du candidat Fillon qui n'en finit plus, en focalisant l'attention sur lui, de détruire le vrai débat nécessaire pour la prochaine élection présidentielle.
Au point que l'on finit par oublier les enjeux vitaux pour l'avenir d'un pays qui sombre dans un déclin que chacun peut constater.
En panne de projet pour l'avenir des Français car durant les différentes mandatures, nous avons assisté à des tentatives désespérées de gérer tant bien que mal les affaires courantes, nos partis politiques ont démontré leurs limites, leurs failles et leur incurie.
Fallait il qu'un seul homme pousse le système à son paroxysme, pour que l'on réalise enfin que la politique ne saurait relever uniquement d'un plan comptable?
Fallait il l'aveuglement d'un seul pour que les citoyens s'interrogent sur le vide sidéral qui prévaut depuis de nombreuses années en France?
En ce sens, cette crise est salutaire car il semble possible aujourd'hui d'envisager un véritable changement de société.
Lors de la chute du Mur, beaucoup à l'époque se sont réjouis de la fin de l'idéologie marxiste (et cela à juste, titre compte-tenu de sa mise en œuvre et des ravages occasionnés dans les pays qui l'ont subie).
Ceci étant, d'un monde bicéphale, nous sommes passés à une idéologie monolithique dans laquelle la seule valeur prise en compte devenait le marché et son corollaire, l'accumulation de gains.
Comment ne pas penser que cela ne pouvait en aucun cas constituer un projet de vie pour chacun, et un avenir pour l'homme.
Le renoncement des Républicains est révélateur de l'absence de fond qui sous-tend le combat politique.
Même pour la droite conservatrice, il y avait dans ce marasme, ce chaos, une opportunité de prendre une autre voie pour la France mais, pour des motifs indignes, purement stratégiques, ils ont choisi le pire : s'aligner derrière un homme qui s'est "radicalisé" lui-même, ainsi que son programme.
C'est la fin de la récré et peut-être ont ils pensé que désormais on pourrait au prix de cet incroyable recul, enfin goûter aux joies d'un débat calibré, formaté comme avant cette crise.
Manque de vision et stratégie suicidaire de la part de personnes qui prétendent prendre en main le destin du pays.
Le calcul est simple : nous sommes perdus, alors autant couler mais dans l'unité.
Juppé ayant décliné le marché de dupes (avec clairvoyance et dignité et non par orgueil), il ne restait plus personne pour prendre la suite, alors désormais "the show must go on" et nous avons assisté à la dernière clownerie de G. Larcher (2ème personnage de l'Etat).
Ce dernier conseil des Républicains aura sonné le glas de la Vème République qui est devenue parodique, pathétique et indigne.
Livrée au jeux politiciens, elle a perdu tout son sens et nous sommes aujourd'hui de retour vers la IVème, au temps des arrangements et des scandales politico-financiers.
La gauche n'est pas exempte de tout reproche puisque le PS, parti en perdition est incapable de s'unir et se trouve livré à ses pires égos.
Lorsque l'on n'a plus d'espoir en nos dirigeants, il ne reste plus que la rue ou le fol et terrible espoir d'une partie de la population, en la capacité d'un parti populiste pour diriger le pays.
Sans oublier le mysticisme d'un Macron et l'adoration qu'il suscite, pour des raisons aussi mystérieuses que la fascination exercée par les boy's band dans les années 90.






mardi 28 février 2017

J'ai confiance en la justice de mon pays





Il fut un temps, pas si lointain, où courait une phrase marronnier chez nos hommes politiques : " j'ai confiance en la justice de mon pays".
A dire vrai, c'était l'époque durant laquelle il existait peu de chances pour que l'action publique  menée contre un élu aille à son terme, et au final, cette phrase était un peu emprunte de l'arrogance de ceux qui agissent en toute impunité.
Peu de magistrats osaient alors se confronter au pouvoir des politiques car le risque pris au regard du gain était par trop important.


La tendance actuelle est à la défiance marquée envers l'institution judiciaire  par ceux,  qui pour des raisons diverses,  se trouvent rattrapés par des affaires embarrassantes qui ont un dénominateur commun : l'argent.
Paradoxalement, ceux qui aspirent aux plus hautes fonctions,  et qui demain devraient être les garants de nos institutions, vivent assez mal l'intrusion du judiciaire dans le débat politique.
Il n'est guère surprenant de constater une convergence de vue sur ce point, entre,  le candidat de la droite républicaine,  et la candidate de l'extrême droite Française puisque chacun d'eux se trouve poursuivi pour des faits qui de leur point de vue relèvent du complot mais qui, semble-t-il, reposent sur des faits bien réels collectés par des magistrats indépendants.


Cela n'est guère surprenant car les deux idéologies véhiculées par ces partis ne diffèrent que par l'apparence physique de leurs représentants.
A ma droite , le notable de province catholique pratiquant et ... à ma droite la bourgeoise de Montretout héritière d'un parti souché sur la lie des extrémistes de tradition Française ( et pour certains "historiques" du parti  alliés au national socialisme, anciens putschistes...)


Quelle différence en effet entre un programme réactionnaire,  et un autre programme réactionnaire ?
L'habillage est probablement différent mais le fond reste identique : vision traditionnaliste, valeurs Pétainistes, archaïsme de la pensée sont en tout point identiques d'un coté comme de l'autre.
Marine distille la haine de l'autre et François est dans une stigmatisation un peu plus courtoise mais qui ne laisse que peu de doutes quant aux objectifs poursuivis.


Le discours fascisant sur la presse, les médias est parfaitement semblable,  et curieusement le danger que représente ce développement de la haine anti-médias ne semble pas émouvoir outre mesure les forces démocratiques dans notre pays.
La chasse aux fonctionnaires, autre dénominateur commun, constitue également un fait inquiétant, car si on peut convenir d'une nécessaire réforme de la fonction publique, on doit rappeler que le statut est le garant d'une indépendance face aux jeux politiciens, et  le fait de livrer une corporation de serviteurs de l'état à la vindicte populaire ( sans trop forcer tant il est vrai que le fonctionnaire ne bénéficie pas d'une grande popularité au sein de notre grand pays ) est pour le moins curieux voire détestable.


Nous avons donc en résumé, le discours contre les institutions judiciaires, contre les médias et contre la fonction publique qui réunit Fillon et le Pen.
Autrement dit, trois éléments piliers de notre système démocratique et républicain font l'objet d'un rejet de la part des candidats de droite ( puisque de toute évidence la frontière entre droite Républicaine et extrême droite a disparu depuis déjà quelques temps ).


Reste en lice un candidat gazeux qui prononce des discours éthérés,  la main sur le cœur et la larme à l'œil, un trublion tribun converti à l'hologramme, un frondeur issu d'un parti en déroute qui torpille sa candidature et un groupe de candidats sans voix dits "petits candidats".


Le vocable "élire" qui signifie faire un choix risque de disparaitre au cours de cette "élection" et le système qui est le nôtre sombrera avec lui.




vendredi 10 février 2017

Beds are Burning



Il est assez tentant de se référer à l'actualité et d'ajouter aux voix qui s'élèvent sa propre voix, pour tenter de renforcer un peu plus la pensée commune.
Ecrire sur l'affaire Fillon, au moment où les médias et les réseaux sociaux débordent de révélations quotidiennes sur le népotisme assumé d'un homme qui prétend à la plus haute fonction, pourrait paraître vain, voire prétentieux.

En effet, quel intérêt peut présenter le point vue d'un anonyme, citoyen parmi les citoyens, et qui,  de par sa position sociale ne saurait influencer le cours des choses ?
La réponse est évidente : aucun.

Pourtant, ce citoyen anonyme pense que chaque voix, même la plus anodine,  peut présenter un intérêt au moment où, irrémédiablement nous glissons vers un retour au silence que nous imposent conjointement les tenants de la version "complotiste", et le flot de l'actualité qui immanquablement finira par étouffer une révolution naissante.

La stratégie de Fillon est celle du temps qui passe et également la contre offensive permanente dans le déni des accusations quotidiennes dont il fait l'objet.
Peu importe que les faits soient avérés, peu importe la vérité, seule compte la négation jusqu'au bout et contre toute logique.

C'est ce qu'utilisent les criminels les plus aguerris qui savent que, dans notre culture judiciaire, et malgré l évolution des sciences de la criminologie, seul l'aveu du coupable reste essentiel pour tous.

Ne pas avouer ( ne pas s'avouer ) reste encore le meilleur biais pour laisser planer le doute qui, en droit, profite à l'accusé.

Les voix doivent donc continuer à se manifester pour contrer l'arrogance sans limite de cet homme qui nous a permis de comprendre que la lutte des classes n'est pas un fantôme du passé mais une réalité bien tangible.

Ceux qui vivaient dans l'illusion d'un système démocratique comme fondement de la relation sociale, réalisent aujourd'hui,  qu'il ne s'agit que d'une illusion savamment entretenue par les pouvoirs, et ce, depuis des lustres.
La bourgeoisie a confisqué les bénéfices de la révolution Française, à son unique profit,  et a réussi pendant ces derniers siècles à endormir la conscience du peuple et lui laisser suffisamment de liberté ( mais pas trop ) pour que chacun puisse penser qu'il était un acteur et non en état de servilité.

En ce sens , ce brave Monsieur Fillon, Chatelain Sarthois , est devenu malgré lui un symbole, comparable à ce que fut Louis XVI,  et cette pauvre Pénélope plus victime qu'autre chose, l'autrichienne vilipendée par la foule en colère.

Oui, "Beds are burning" car clairement , il apparaît que les événements actuels ne seront pas sans lendemain, et qu'ils sont les prémices d'une révolte : d'un changement de société indispensable et salutaire.
Souhaitons avec force que cette transformation ne favorise pas l'éclosion de forces encore plus réactionnaires que celles que le peuple de France dénonce aujourd'hui.



mercredi 25 janvier 2017

HUMEUR

Il n'est pas simple de conserver son sens de l'observation intact,  sa conscience en action,  lorsque le réel vient nous blesser.
Comment faire pour ne pas céder à nos émotions, quand tant et tant d'événements nous incitent à réagir, à faire parler l'affect alors qu'il serait essentiel de conserver la maîtrise de soi.
Au quotidien, nombreux sont les éléments extérieurs qui suscitent une souffrance telle, que le besoin irrépressible d'expulser la douleur par le cri et la violence devient la seule issue possible

Chaque jour, nous sommes abreuvés d'images de violence de tout ordre, pas seulement une violence immédiate, la guerre par exemple qui constitue le paroxysme de l'expression de la violence.
Il y a également les heurts quotidiens liés aux injustices, même celles qui semblent anodines ( mais l'évaluation de la douleur reste intime et ne peut relever d'aucune comparaison ).
Le flot de l'actualité contribue à entretenir les peurs de chacun d'entre nous et ainsi à nous enfermer dans une servitude liée à la crainte de lendemains qui pourraient nous amener plus de douleur encore.

Le discours politique n'est constitué que de sentences graves sur l'état de notre économie, de notre société, certes en état de décomposition, mais cela pour mieux nous conditionner à des sacrifices qui ne profiteront une fois de plus qu'à un groupe de personnes, qui pourront ainsi poursuivre leur oeuvre de déconstruction du monde à leur profit.

Ce que l'on nommait les peurs du moyen age reste le principal ressort de la gouvernance : la peur du nucléaire, de l'expansion de l'Islam, de l'étranger, du climat.
Or, tous ces thèmes, qui relèvent bien souvent d'une vérité constatée, ne sont là que pour contribuer à créer un climat favorable à l'émergence non pas d'une conscience, mais plutôt à l'établissement d'un pouvoir autoritaire qui nous prendrait en charge jusqu'à nous enlever toute forme d'autonomie.

Toute voix qui s’élève pour proposer une alternative, une autre vision du monde,  fondée sur la  prééminence et la  pratique du juste, est aussitôt disqualifiée et assimilée à une utopie dangereuse.
Dire aujourd'hui, que notre système est en faillite relève de la subversion alors qu'il s'agit tout simplement d'un constat que chacun peut faire.

Nous sommes en guerre oui! mais pas forcément de la manière dont cela nous est présenté et sûrement pas contre l'ennemi désigné.
Nous sommes en guerre contre nous-mêmes , contre nos peurs qui nous enferment dans une prison dont nous avons la clé sans pouvoir l'utiliser.
Nous sommes dans un combat pour évacuer les contraintes et les voiles qui nous masquent la lumière.


lundi 9 janvier 2017

NARRATIF ? NON MERCI

Finalement , je n'ai jamais aimé la narration, enfin ... la mienne , tant j'ai été dans ma jeunesse subjugué par des auteurs (dits classiques mais j'ai toujours trouvé ce qualificatif poussiéreux ) comme Balzac , Zola, Flaubert .....
J'aimais cette façon de poser un décor, des personnages qui prenaient vie , non par une description détaillée de leur physique , mais par la vie qui leur était donnée par l'auteur.
Au travers de leurs aventures , de leur quotidien , on pouvait les imaginer : le pharmacien Monsieur Homais que je voyais comme un homme tranquille, doté d'un arrondi central , le crane dégarni, aimable et discret,  saluant d'un léger hochement de tête les passants qui le croisaient.
Je prenais le thé avec Emma Bovary, dans un salon qui sentait un peu l'humidité, cette odeur légèrement aigre du tissu des tentures jaunes qui assombrissaient la pièce.

Nous parlions peu, échangeant simplement quelques regards,  parfois un peu appuyés pour signifier le délice subtil de cette rencontre volée.
Je sentais au travers des rares sourires dont elle me gratifiait, les tentations qui l'agitaient au plus profond d'elle-même, et qui me donnaient le sentiment privilégié d'un amour secret et naissant.

Mais bon je m'égare et j'en oublie que je n'aime pas raconter et finalement expliquer que je fus, entre autres,  le Chevalier Des Grieux est somme toute un peu ridicule, un peu adolescent, ce qui à mon age conduit assez facilement vers le pathétique.

Le pire , sont ceux qui s'essayent au roman noir où immanquablement,  accoudé au bar et sirotant un jack , survient la rencontre avec la mystérieuse blonde (ou brune d'ailleurs) qui prend une cigarette dans son boitier, la porte à sa bouche de manière sensuelle et levant les yeux (d'une profondeur si intense) s'attend à ce que je vienne d'un geste viril et élégant, lui donner de quoi se noyer dans un nuage de fumée.
C'est alors que j'ai posé mon feutre sur la table et que face à elle , j'ai échangé quelques mots dont elle n'avait que faire, espérant simplement écourter les fastidieux préliminaires pour en venir aux faits.

Voila !  voila ! je vous avais bien dit que c'était stupide cette tentative, on tombe tout de suite dans les clichés et puis on ne s'improvise pas narrateur.
Plutôt que travailler sur l'imaginaire, je me nourris de l'observation pour en tirer des réflexions qui amènent au sens.
Comprendre, voir, mettre en lumière, aller chercher l'explication d'un phénomène et la faire éclater , c'est ce travail qui m'enthousiasme , me rend vivant.
Pour l'instant je bénéficie d'un succès d'estime ( non d'ailleurs que je recherche véritablement un auditoire) puisque j'ai tout de même deux lectrices de "Fadaises" qui agissent à la fois par l'intérêt qu'elles me portent, mais aussi un peu contraintes.
Attention , bien sûr je ne les ai pas menacées mais elles sentent qu'il serait bien pour mon équilibre mental d'accorder un peu d'attention à mes écrits.
Et puis reconnaissons le, c'est important d'être lu, ne serait ce que pour le renvoi qui en est fait, et qui permet de construire un style, une cohérence, une couleur pour ce blog récent, que je me plais à entretenir de mes réflexions de haut vol.

D'ailleurs, c'est la première fois ( et qui sait peut-être la dernière) que je sors de la sentence pour éprouver aussi du plaisir.
Mais bon j'ai faim et finalement je vais casser un peu la croûte...

samedi 7 janvier 2017

CHARLIE 7 JANVIER 2015

Deux ans..., il y a deux ans étaient assassinés les dessinateurs de " Charlie Hebdo" ( et aussi tous ceux qui se trouvaient malheureusement sur la route des assassins), victimes d'une fatwa lancée par d'obscurs personnages à la pilosité fournie qui se proclamaient défenseurs  de l'Islam.
Ce fut le prélude à d'autres actions meurtrières qui ont marqué le début de ce millénaire.
Nous avons pleuré la mort de ces hommes d'esprit, amoureux fous de la libre expression, amoureux à en mourir, qui s'érigèrent à de nombreuses reprises comme des remparts face à l'obscurantisme.

Lorsque d'aucuns considéraient qu'il n'était pas de bon ton "d'attiser les haines", eux, proclamaient haut et fort que nul ne pouvait s'arroger le droit d'un arbitrage sur le "bon" et le "mauvais goût".
Ils sont restés intransigeants sur le principe de l'expression libre, remis en cause par les religieux de toute obédience.
C'est sous ce même prétexte que des nervis sans âme se sont crus autorisés à s'en prendre à leur vie , et, paradoxalement, en invoquant la grandeur du divin.

Il est donc interdit de "dire", interdit de penser que la religion est antinomique avec la liberté de conscience.
Or, sauf erreur, le discours religieux tel qu'il est diffusé, et encore une fois dans toutes les religions, reste essentiellement fondé sur la contrainte (enfin, pour être précis,  le discours expurgé par ceux qui utilisent la religion comme un levier d'asservissement).

Contrainte envers les femmes, les hommes, les enfants, les animaux, enfin tout ce qui a trait à la vie.
A part chez de rares théologiens éclairés sur la question, et au fait de la vérité des écrits, nous ne sommes confrontés qu'à des interprétations qui nous mènent vers l'obscur.

La symbolique présente dans les textes, celle qui guide vers la lumière, la grandeur, est systématiquement occultée, car probablement inaccessible à ceux qui font entendre bruyamment et violemment leur voix.
Les nombreuses considérations sur le savoir, et son aboutissement qui est la connaissance,  disparaissent au profit des diktats sur la manière de se nourrir , de faire l'amour , de conduire ....

S'il y a bien un message que l'on trouve dans toutes les religions (ancrées faut il le rappeler sur le même socle), c'est qu'aucune vérité n'est accessible de manière immédiate et que pour y avoir accès cela suppose un effort, un travail,  que chacun doit accomplir pour s'élever, et devenir ainsi un être plein et entier.

Ce chemin vers l'absolu n'est pas l'apanage du seul fait religieux et il existe ( Dieu merci ) d'autres voies pour parvenir à un stade de conscience plus élevé.
Peu importe le moyen pour y parvenir, l'essentiel étant de ressentir ce besoin afin de parfaire par sa propre amélioration , cet ensemble que constitue l'humanité.

Les sociétés dites "Primitives" , bien avant l'intervention funeste des missionnaires en tout genre , vivaient dans une harmonie avec leur environnement (nature et homme).
L'introduction du christianisme a été plus un facteur de destruction que d'avancée vers l'absolu.

Le rire,  la caricature, le sens critique témoignent d'une intelligence qui ne peut que heurter les fanatiques, car ces qualités sont la preuve éclatante que l'homme peut grandir,  en s'affranchissant des systèmes de pensée qui lui sont imposés.

Comment les détenteurs de l'unique pensée vraie, les tenants du monolithisme pourraient supporter que la lumière puisse s'exprimer au travers d'une paire de fesses dessinée en couverture d'un magazine ?
Comment pourraient ils accepter l'éclat de la liberté (symbole de vie), eux qui sont dans une idéologie où seule la mort constitue une valeur ?

Le rire de Cabu, de Wolinski, et des autres, résonne encore aujourd'hui et la tentative de le faire taire a échoué.
Nous pleurons certes la mort de ces hommes qui n'auraient pas voulu devenir des symboles mais la force de leurs idées, de ce qu'ils étaient, existe et existera toujours, malgré les balles.






jeudi 5 janvier 2017

MEILLEUR OU PIRE QUE CES GENS

Il  y a peu de temps, au cours de ces échanges curieux avec des personnes inconnues sur facebook , je me suis référé à la chanson de JJ Goldman:  "Né en 17 à Leidenstadt".
Il se trouve que la réaction de mon interlocuteur fut extrêmement méprisante considérant que l'auteur était un "faiseur de chansons" et en aucun cas un philosophe reconnu,  méritant la considération due aux auteurs référencés comme tels.

Pourtant, le propos de cette chanson me semble non seulement digne d'intérêt,  mais essentiel dans le contexte qui est le nôtre , celui dans lequel chacun s'autorise à indiquer ce qu'il ferait dans des cas extrêmes.
Goldman nous dit qu'il sait qu'il ne sait rien,  et en ce sens,  se positionne au regard d'une philosophie que l'on nomme le scepticisme.
Ce positionnement et  cette humilité sont en tout point honorables et devraient être l'attitude de tous.
Seul le contexte permet de porter une appréciation juste sur ce que nous sommes réellement.
Nous pouvons tous théoriser sur le futur et nous ne nous en privons pas ... mais cela relève toujours du conceptuel.
La vérité, notre moi profond ne peuvent s'exprimer que sur l'instant,  dans l'action, et, compte- tenu d'un environnement qui ne prévaut que sur un moment.
Que ferions nous dans une situation où nous verrions une personne se faire agresser ?
Pourrions nous surmonter l'effet de sidération,  la peur qui immanquablement serait présente ?
Pourrions nous,  nous comporter en homme,  ou tel que nous supposons que l'homme est ?

Les héros, ou ceux que nous considérons comme tels,  sont :  soit des personnes conditionnées et entraînées pour aller au delà d'eux mêmes, comme les soldats par exemple, soit des êtres qui sur l'instant sont dans une réaction instinctive, guidés par  une conscience qui s'exprime instinctivement et ne leur laisse pas d'autre choix que d 'agir.

"Aurais je été meilleur ou pire que ces gens si j'avais été Allemand" remet en perspective un questionnement essentiel sur la nature profonde de l'être humain, dans un environnement qui est le sien depuis la nuit des temps : celui de la violence, des ténèbres mais également de la lumière, de la grandeur...

En résumé, il n'existe pas de réponses simples à des questions complexes,  et c'est cela que Goldman met en relief dans sa chanson,  tout simplement et avec humilité.

mardi 3 janvier 2017

LES GENTILS

Je me souviens de cette chanson de Michel Fugain qui disait : " ils font l'amour le samedi les gentils et ils font ça tout le temps les méchants" et , bien que connotée "soixante huitard" mettait en relief le conformisme d'une époque , la lourdeur des codes et règles qui s'appliquaient jusque dans la couche des citoyens.


Le mot "gentil" se dit,  hélas bien et trop souvent,  pour qualifier une personne qui ne dérange rien,  qui sourit niaisement , qui donne de l'amour même à ceux qui n'en demandent pas et dans un contexte qui ne s'y prête en aucune manière.


Le milieu professionnel , en tout cas celui qui est le mien,  est envahi de personnes qui faute de compétence avérée , s'abritent derrière la "gentillesse" pour susciter l'empathie et la bienveillance dont ils ont tant besoin.
Lorsque l'on veut employer un qualificatif qui se veut élogieux, il n'est pas rare d'entendre : "il est gentil" et cela constitue une sorte de sésame suffisant pour justifier sa position voire même une promotion.
Le message qu'on nous délivre est celui de la bienveillance vis à vis d'autrui et cela ne peut être condamné,  et bien évidemment pas condamnable en soi.


Le seul problème est que cela occulte tout le reste, et notamment les qualités professionnelles qui sont utiles à la bonne marche de l'entreprise.
Être humain constitue un pré requis mais aujourd'hui cela est bien souvent perçu comme une qualité première, et notamment pour nos managers en quête d'amour, qui peinent  à s'emparer d'une autorité qui  leur a été confiée et pour laquelle ils sont rémunérés.


Cela rejoint la question d'une société nombriliste , celle du selfie, celle qui dit jusqu'à en vomir : " Regardez moi , Aimez moi ".
Moi ce sont "les gentils" qui m'insupportent , ceux qui se trimbalent avec la tête penchée et le cœur en bandoulière , cherchant une reconnaissance totalement égocentrique et donc vide de sens.
Ce ne sont pas des personnes généreuses bien au contraire, elles ne donnent rien et ne sont là que pour recevoir de quoi satisfaire leurs frustrations , remplir le vide abyssal d'une conscience étouffée par le souci de leur apparence.


De plus ces gens qui se prévalent d'une bienveillance dont ils tirent profit, peuvent représenter un danger lorsque celle-ci est remise en cause , car ils ont fondé tout leur système de vie sur cela et ne peuvent supporter d'être découverts.
Cela donne bien souvent des réactions violentes , à la hauteur de l'enjeu que cela représente pour leur existence.
Retirer à un "gentil" sa seule qualité signifie lui ôter son seul lien à l'existence.