mercredi 23 novembre 2022

Ma lulubelle

 Quelque chose d'étrange s'était produit dans la nuit.

C'était comme si son animal préféré était habité par celle qui l' aimait et avait tant aimé.

Par une nuit de septembre elle avait disparu alors que c'était la chatte la plus casanière du monde.

Depuis , un immuable cérémonial s 'est installé , au moment du coucher.

Elle attend que je sois seul , sans son vieux frère et compagnon pour entâmer un rituel amoureux qui débute par un petit ronronnement puis une avancée féline sur mon corps allongé .

De caresses en mimis sur sa truffe en forme de petit coeur , jusqu'au moment où avec son petit air si mignon, elle se laisse tomber sur le coté et offre son petit bedon tout rose à une séance de calins qu'elle acueille avec bonheur.

Nul ne saurait mesurer à quel point ce moment m'apporte douceur et apaisement.

Cela fait un peu plus de deux ans , qu'au terme de trois ans de lutte Béatrice a fini par demander à ne pas retarder l'ineluctable échéance.

Partie en me tenant la main aprés avoir posé son regard si doux sur moi, me donnant avant de s'abandonner définitivement, la force de continuer à affronter une vie , désormais dénuée de sens.

Etrangement, malgré mes efforts , c'est cette image de ce corps attaqué par la maladie que je conserve en ma mémoire.

Cette image d'elle , assise sur le lit médical, la veille de sa mort, pour regarder une dernière fois , ce jardin qu'elle aimait tant, ce cerisier sous lequel elle voulait reposer.

Ses yeux étaient fixes , elle regardait l horizon et semblait vouloir s'emplir de l odeur de l herbe coupée , de celle de la terre qu'elle aimait "gratter" comme elle le disait.

Je suis encore aujourd'hui incapable de poser des mots sur ce que j'ai pu ressentir.

C'est comme si pendant trois ans , je m'étais abandonné pour fusionner avec elle, être en elle, partager sa douleur , lui donner tout mon amour pour qu'elle puisse faire le grand saut sans angoisse, presque avec bonheur.

Celui que l on nomme "l'accompagnant" vit une sorte d'éffacement de ce qu'il est pour apporter à l'autre toute sa force de vie, comme si cela pouvait agir sur la maladie, comme si cela pouvait aider à gagner ce combat.

Mais que faire d'autre, à part lutter jusqu'à la dernière seconde.

On ne se prépare pas à cela, rien ne nous y prépare  car dés la sortie du ventre de la mère c'est la vie qui nous aspire.

La phrase qui m'avait été dite " s'initier c'est apprendre à mourir" était présente en moi comme une canne destinée à porter le poids d'une douleur qu'aucun terme ne peut décrire.

Il y a eu tant de présences amicales , chaleureuses dans cette maison , mais malgré cela le sentiment de solitude s'était installé confortablement et restait bien présent

Les phrases que l on entend , celles que l on se dit et répète à soi-même sont comme un mantra destiné à occulter une lancinante douleur qui s'est durablement insinuée dans mon être.

Pourtant , j'ai vécu et je vis encore aprés ces années.

J'ai même entamé une relation avec une autre femme , relation chaleureuse et tendre mais vouée à l'échec.

Il est en effet illusoire de penser que l on peut vivre à nouveau un amour d'une telle intensité avec un autre être.

Certains s'en satisferaient mais je suis ainsi fait, que la solitude me semble préférable à de faux semblants et de plus , immanquablement, même à son corps défendant on peut être amené à faire souffrir un être que l on estime.

Peut on parler de vie aprés être passé par cette épreuve qui touche tant d'entre nous , ne devrait on pas évoquer  survie? d'efforts constants pour "être " alors que l on "est" plus.

Certains parlent de cette part d'eux-mêmes qui disparait avec l autre,  mais pour ma part, je considère que c'est l'engloutissement de soi et qu'il reste aprés à renaitre sous une autre forme.

Comment retrouver l envie, le goût de toute chose ?

2 2024,   Une vie nouvelle ?

Et voila, ce changement auquel j aspirais est là. Fin d une vie professionnelle que d aucuns disaient chaotique mais que je qualifie de riche et marquée par le désir de faire au-delà des contraintes de mes différents environnements professionnels.

Les circonstances m ont permis de m installer dans un coin charmant , dans une campagne verdoyante, dans laquelle j espère trouver à nouveau l envie , le désir d avancer, de faire au travers de choses simples.

Fin de carrière au sein de la fonction publique territorial qui reste et restera malheureusement l environnement professionnel le plus con et le plus médiocre que j ai pu connaitre durant ces 40 années de métiers divers.

Un environnement qui tue les velleités de bien faire car , de par un système vérolé, il permet aux plus tordus d accéder à des responsabilités théoriques ( car en fait ils ne répondent de rien).

Les explications sont assez simples si l on prend le temps de se livrer à une analyse de la structure : Des politiques incultes, sans vision, amoraux à qui l on confie la destinée d une commune, et des responsables administratifs recrutés pour leurs capacités à se soumettre.

La dernière responsable que j ai connue dans ma carrière , ou devrais je dire séjour comme comme on parle d un passage en établissement spécialisé, représente tout à fait cela.

Une personne dégoulinante d affect , qui n'a jamais assumé la part conséquente de management liée à ses fonctions, et qui , chacun en convenait , faisait preuve d un comportement vis à vis des agents qui aurait du la conduire à une réforme pour raison médicale.

Et il faut évoquer également une élue en charge , d'une rare betise, ce qui paradoxalement la rendait extremement populaire auprés des administrés.

J ai donc tenté de naviguer le mieux possible dans cet environnement toxique, en admettant l anormal, l'absence de professionnalisme comme la norme.

Et c'est donc sans regrets que le 28 novembre 2023 je suis parti en congés en attendant ma retraite officielle.

Pour autant , j ai rencontré un certain nombre de personnels de grande qualité qui, avait la même lucidité que la mienne et tentaient d'apporter le meilleur service, en faisant abstraction de l insupportable connerie ambiante.

Ajoutons à cela, les errements d un Maire dont la seule caractéristique est la pratique d un clientélisme pour seule politique de la Ville, et on pourra comprendre à quel point je me suis senti libéré d un boulet qui avait mis ma vie en arret.


jeudi 12 novembre 2020

L Etat profond

 


C'est ainsi que notre Président qualifie l hydre technocratique , qui dans l' ombre gouverne la France. Triste aveu d'impuissance, et surtout , alors que l'époque est au "Complotisme" (mot employé pour qualifier ignorance et connerie crasse), une manière d'entretenir les fantasmes qui ont émaillés notre histoire depuis des siècles.

Juifs, Francs Maçons, Illuminatis, Hommes Lézard , j'en passe et des meilleures, seraient les responsables des maux divers qui affectent nos sociétés dites " modernes et civilisées".

Oui, toutes ces catégories,  mais évidemment jamais au grand jamais, nous mêmes en tant que citoyens, et évidemment nos responsables politiques, nos " Capitaines D industrie", nos dirigeants de l administration.

Le salafisme s'est développé dans nos banlieues,  mais évidemment les "politiques de la ville" ne peuvent en aucun cas être tenues pour responsables d'avoir laissé s'installer une victimisation indigne qui est la source des violences auxquelles nous assistons , impuissants et désespérés.

La Covid fait des ravages dans le monde entier, mais un certain nombre de personnes continuent de penser et d'exprimer des doutes sur une réalité indéniable.

Nous avons les anti masque, ceux qui trouvent trop dur de pas faire de bisous ( à juste titre d'ailleurs, car nous réalisons tous que donner et recevoir de l'affection, ou en tout cas la manifestation de celle-ci, est vital) et qui se disent :  " Oui mais quand même c'est pas normal, on rogne sur "nos libertés" ( la liberté concept universel qui se heurte alors aux intérêts individuels).

Alors , rappelons que c'est un virus, qu'il n'a pas été crée par les services secrets chinois, ni la CIA, ni la DGSE, et que pour le coup , nous faisons la triste expérience de ce que l on nomme la nature. 

Nature qui donne et qui détruit aussi, comme cela est le cas depuis des millénaires, qui implique des catastrophes : Tsunamis, inondations, famines ( mais bon ça c'est pour les autres, pas pour nous et sinon de manière ponctuelle), bref, tout ce que nous ne pouvons pas comprendre ou ne voulons pas comprendre: Tout n'est pas sous contrôle , loin de là, et la vie est ainsi faite que la part de notre intervention sur les éléments reste relative ( sauf en ce qui concerne la destruction, pour laquelle nous restons des Champions toutes catégories).

Pour en revenir  à mon propos initial qui concerne l'implication de notre Président dans l'entretien des "théories Complotistes"  il me semble qu'il devrait s'interroger sur sa propre responsabilité,  dans le fait de nommer et de s'entourer de personnes dont la principale qualité pour lui , est, non pas la capacité de "servir" , mais le degré de servilité.

La haute administration souffre de ce grave défaut : ceux qui tiennent les manettes sont inféodés au pouvoir politique, parce que leurs carrières en dépendent.

Ce qui est valable au niveau de l administration d'état,  se retrouve décuplé au niveau des territoires, dans lesquels on rencontre des élus d'une insondable médiocrité, qui s'entourent de personnels à leur image.

Ceux qui tentent de s'opposer, de contredire, d'apporter une expertise objective sont irrémédiablement broyés.

Alors, difficile de leur jeter la pierre car il faut bien bouffer, mais on ne peut que s'interroger sur l'indignité que représente le fait de percevoir une rémunération pour un service public, et de la subtiliser pour un profit individuel.

Question de conscience.


samedi 16 décembre 2017

Le Sens de l' Histoire





​" Vous n' avez pas connu la colonisation? alors pourquoi vous venez m'embrouiller avec ça ?".
J'ai repensé à cette phrase de Macron en Algérie,  je l'ai analysée, décortiquée jusqu'à ce que je puisse, une fois la sidération passée,  trouver les mots pour dire ce qu'elle m'inspire.
J'ai 56 ans et je suis issu de parents nés en Algérie, ceux que l'on nommait Indigènes ou simplement " les arabes", au "temps béni des colonies" ( c'est bien la première fois que je cite Sardou d'ailleurs)
Arrivé en France, en 1962 ( enfin je crois), je ne peux pas dire que ma vision de l 'Algérie soit imprimée dans mon inconscient, et pour être tout à fait honnête, mon expérience de ce pays se limite deux séjours d'un mois dans ma vie et à des réminiscences des rythmes lancinants du folklore  Constantinois.
Ceci étant, avec l'âge  j'ai tout de même réalisé que ce que je suis, est en partie et intimement lié à l' histoire de mes parents.
Evidemment,  cela ne se limite pas à mon goût prononcé pour "le Raz El Hanout" ou les merguez, mais plutôt une sorte de douleur très ancrée en moi, une révolte contre toute forme d'autoritarisme, une aversion profonde pour la soumission, et un désir profond d'inscrire ma conscience dans l'Universalité.
Le " j'étais pas né" générationnel dans lequel s'inscrit notre jeune Président ( enfin bon à 40 ans il est temps de quitter l'adolescence) représente la forme la plus aboutie d'un appauvrissement culturel affligeant qui qualifie assez bien notre époque.
De la même manière, ma conscience éveillée et probablement par l' Histoire familiale m'a  incité à m'interroger sur les grands événements de l histoire du XX siècle : la Grande  Boucherie de 14 18, la Shoah, les guerres sanglantes de décolonisation, enfin toute cette histoire qui n'est pas la mienne mais qui est celle de l'Humanité dont je suis un élément..
D'une certaine manière, et en dehors de toute vision Christique ( je pense être sain d'esprit), ces douleurs sont devenues une part de moi, et il me semble que cela se retrouve heureusement chez un certain nombre de personnes.
Alors je sais qu'il est incongru d'attendre d'un Chef d'état qu'il soit un homme éclairé, et que les attentes du jour relèvent du management et de la gestion, mais tout de même : Comment prendre en main l'avenir d'un pays si on ne le replace pas dans un contexte Historique?
Cette phrase prononcée par notre Président en Algérie, outre le fait qu'elle soit insultante pour tout un peuple constitue pour nous une véritable honte.
S'extraire ainsi, non pas des convenances, mais de l'Humain, est révélateur d'une arrogance ( qui s'est déjà exprimée par ailleurs) insupportable qui est la marque de fabrique de Macron.
Arrogance que l'on retrouve dans son comportement vis à vis du peuple ( dans sa façon soit disant franche de s'adresser aux citoyens), vis à vis de nos soldats, vis à vis des serviteurs de l' Etat en général.
Monsieur le Président, votre positionnement à la tête d'un grand et vieux pays implique de la tenue , de la dignité car vous en êtes son représentant et uniquement cela (d'ailleurs on devrait bannir de notre vocabulaire l'expression " Chef de l'état" car certains finissent par y croire).
Le sens de l'Histoire est la condition indispensable pour présider aux destinées d'un Pays, mais je doute que cela s’apprenne dans une école de management ou même dans n'importe quel établissement.

dimanche 24 septembre 2017

Le Mépris



Curieux , bien curieux sont ces commentaires sur la multiplication des sorties de notre Président qui, à défaut d'être porteur d'une vision pour l'avenir du pays, nous sert régulièrement son mépris pour ce peuple qu'il ne comprend pas.
Comment des commentateurs éclairés de la vie politique, peuvent ils laisser croire que nous aurions à la tête du pays,  un homme atteint de la maladie de Tourette, qui malgré lui, laisserait s'échapper un verbe assassin ?
Macron dit ce qu'il pense des Français : Fainéants, amorphes, râleurs, et en ce sens il est représentatif d'une frange de la population ( celle qui a voté pour lui en conscience et pas par défaut) pour laquelle la vérité se trouve dans le libéralisme économique, dans une société où régnerait une pensée unique.
En effet, notre système a démontré qu'il était générateur de richesse pour tous, garant de la sécurité, protecteur des faibles, et pour cela il suffit d'ouvrir les yeux pour en faire le constat.
C'est une évidence, le libéralisme a amené sur la terre dans le monde entier,  le bonheur pour tous les êtres, et les conflits sanglants (qui trouvent généralement leur source dans des luttes d'influence entre états avides d'hégémonie et d'accumulation de richesses) qui agitent la planète,  ne sont que des épiphénomènes qui ne méritent guère que l'on s'y attarde.
Le réchauffement de la planète ? une blague née dans l'esprit fantaisiste de quelques allumés écolos qui sont viscéralement contre les 4X4 ( ceux que l'on voit en double file à la sortie de certains établissements scolaires),
Les dégâts causés par l'agriculture intensive? des personnes aigries qui sont contre le progrès de l'industrie agro alimentaire.
La pauvreté dans le monde ? une manipulation de la pensée qui tend à ne montrer qu'une face bien minime d'un libéralisme qui triomphe partout ailleurs.
Macron cherche à développer dans ce pays,  l'esprit conquérant de l'entreprise qui permettra à chacun de créer sa structure ( il a bien dit créer et pas forcément en vivre) et se heurte à un scepticisme entretenu par les syndicats, les dangereux agitateurs ( voir "les insoumis" qui sont à ses yeux des Français aigris, jaloux de la "réussite des autres", et surtout des révolutionnaires à la sud américaine qui veulent l’empêcher de réaliser son " grand projet pour la France blablabla....) .
Il a raison, nous sommes un peuple qui se révolte et à qui il est difficile de rester dans un état de soumission,  et peut-être que pour le comprendre faudrait il le considérer par son histoire.
La révolution Française n'est pas intervenue du jour au lendemain et a constitué le terme de siècles d'oppression, d'humiliations pour le peuple.
Finalement on peut tout de même admettre que nous sommes un peuple patient et que nous sommes probablement aujourd'hui dans une expression légitime et pacifique d'une exaspération bien réelle et surtout très juste.
Alors, répondre à cela par "le mépris" est la garantie de voir cette expression se transformer peu à peu en une colère qui pourrait évoluer vers une violence destructrice.
Macron et ses disciples devraient se rappeler que la démocratie n'a jamais été le pouvoir d'un petit nombre sur le plus grand et qu'elle trouve son sens dans la prise en compte d'une conscience collective qu'il faut savoir percevoir et apprécier à sa juste valeur.
Son élection n'est pas un blanc seing et la voix du peuple de la rue lui intime aujourd'hui de sortir de sa "Tour d'ivoire" et et d'aller à sa rencontre.
Monsieur " Le Chef" n'oubliez pas que l'autorité se fonde sur l'écoute et le respect de ceux que l'on dirige et qu'un pouvoir auto proclamé porte un nom.



dimanche 16 juillet 2017

le petit et le Grand Homme





Il est peu de dire que l'attitude du "Chef des armées" envers le Chef d'état major des armées a heurté la sensibilité de la communauté des soldats.
Qu'il rappelle le CEMA au devoir de réserve , cela on ne peut lui contester, mais qu'il y ajoute une volonté marquée de l'humilier ( et au travers de sa personne celui de l'ensemble de ses frères d'armes) publiquement est indigne de celui qui se prétend " le chef".
La défense , justement parce qu'elle est tenue au droit de réserve, a connu une réorganisation impitoyable qui l'a contraint à œuvrer dans des conditions épouvantables sur le terrain, avec courage, mais au prix de nombreux risques inutiles.
Faut il rappeler à l'ensemble de nos concitoyens , le coût des opérations extérieures pour nos soldats pour leurs camarades, leurs familles ?
Faut il rappeler que régulièrement la France est endeuillée par la perte de jeunes hommes qui évoluent dans des conditions difficiles au service du pays?
Ces hommes qui appartiennent à la "Grande Muette" n'ont aucun recours, si ce n'est de compter sur leur hiérarchie pour leur apporter la considération et le respect qui leur est du.
Le Général de Villiers a fait honneur à son rang en se faisant le porte voix de ceux qui sont condamnés à subir en silence.
En ce sens et toute proportion gardée , il s'est comporté comme un responsable syndical ( sauf que lui n'est pas protégé par son statut) qui met en lumière une réalité que les dirigeants ignorent.
Cela devrait faire sourire nombre de soldats guère habitué à ce type de comparaison qui ne colle pas vraiment avec la mentalité du militaire.
A l'heure où il existe une volonté assez marquée de tuer le syndicalisme au travers de la loi travail , cela devrait interpeller nos concitoyens qui entrent dans le jeu du " les syndicats sont pourris, ils bloquent la France, empêchent le développement et les avancées).
Par une sorte de supercherie, on est arrivé à faire croire à une grande partie du peuple de France, que ses maux sont occasionnés , non par les détenteurs du pouvoir mais par les contre pouvoirs : syndicats, presse...
L'exemple de l'armée démontre avec force que le pouvoir absolu de l' exécutif est d'une dangerosité extrême et que le silence forcé est bien le garant, d'une politique qui se fait contre les hommes.
L'arrogance du petit homme face aux "grands hommes" qui meurent pour protéger leurs concitoyens, s'est exprimée sans ambages, et le Général de Villiers doit être loué pour ce qu'il a permis de mettre en lumière ( même si cela n'était probablement pas son intention).


mercredi 24 mai 2017

La conscience : l'arme absolue.








Encore un attentat ciblé pour la valeur du symbole qu'il représente, de très jeunes gens venus pour écouter leur idole.
Il est naturel que cela suscite l'horreur et une émotion partagée par l'ensemble de la communauté internationale, et c'est bien le but recherché par ceux qui manipulent à distance des criminels dormants, qui trouvent là,  un exutoire pour exprimer leur haine de l'autre.
Comme chaque fois que cela se produit, se posent les mêmes questions et s'expriment les mêmes interrogations sur les moyens à mettre en oeuvre pour que cela cesse.
Daesch sait et connait parfaitement les failles de notre pensée commune et compte sur notre incapacité chronique à penser le monde hors de nos périmètres restreints.

Tant que nous serons incapables de raisonner sur une autre échelle,  à la fois Géographique, Historique et Philosophique, il y a fort à craindre que l'impact de ces actions sur nos territoires porte ses fruits.
Depuis Mars 2015, environ 3800 morts civils ont été causés par la coalition des alliés de l'Arabie Saoudite dans le conflit  Yéménite.
Bien évidemment, il n'est pas question de se livrer à une comptabilité morbide qui n'aurait aucun sens et qui serait indigne.

Ceci étant, il convient de s'interroger sur nous-mêmes, nos mentalités,  et sur l'ensemble des illusions qui nous voilent la vérité et font de nous des cibles parfaites,  pour ceux qui cherchent à nous diviser.
Jusqu'alors, la digue n'a pas cédé mais certains signes sont inquiétants.
Lorsqu'une éditorialiste sur une radio périphérique, au lendemain de l'attentat,  pose la question de savoir si il ne serait pas préférable pour les musulmans intégristes de "raser leur barbe", j'y vois la réussite de l'entreprise destructrice des criminels de Daesch.
On pourrait dire qu'il ne s'agit là que d'une réflexion stupide (à juste titre d'ailleurs), mais pendant encore combien de temps allons nous tenir face à l'horreur programmée par le Terrorisme qui clairement ne cessera pas de si tôt.

Il y a donc, au-delà des actions indispensables sur le plan de la stratégie du combat, à faire un travail, certes long, pour faire évoluer les consciences.
En finir, avec une mythologie qui nous emprisonne, et qui nous conduit à penser que la barbarie, la violence, sont des épiphénomènes, alors que la simple observation devrait nous amener à penser l'inverse.
L'homme n'est pas "naturellement bon" et "admettre n'est pas renoncer".
Qui, au regard de l'histoire, pourrait nier que la puissance de la conscience collective, voire parfois même d'un seul homme, est à même de  constituer un rempart solide contre les oppressions de tous ordres ?

J'entends déjà ceux qui taxeront ce discours de naif, voire de criminel,  mais il ne s'agit pas d'évacuer les solutions radicales qui sont indispensables, mais d'aller plus loin et d’entamer une marche sur une voie qui nous sortira de la faiblesse dans laquelle nous sommes,  et qui fait de nous des proies faciles pour les obscurantistes de tous bords.

Changer, non pas le monde,  mais notre vision restreinte, notre périmètre étriqué, pour aller vers une Conscience Universelle, ne relève pas de la philosophie de comptoir,  mais constitue le moyen le plus durable de lutter contre ceux qui jouent avec nos consciences.
Au-delà d'une réalité bien tangible et sanglante, nous sommes dans un conflit qui cherche à atteindre la profondeur de nos convictions, et à cela nous devons opposer la puissance de notre lucidité, la force de nos convictions.

Nous pouvons tous ensemble gagner ce conflit là,  et c'est en ouvrant les yeux sur le monde et en luttant contre nos peurs que nous nous opposerons au terrorisme.
Pour ceux qui en douteraient, je recommande un séjour dans des pays qui vivent cette situation depuis des années , et qui n'ont jamais cédé.
Au-delà des armes , c'est leur conscience collective qui les fait se tenir debout.




lundi 15 mai 2017

DIEU EXISTE JE L AI VU A L ELYSEE













J'ai croisé des militants du mouvement "En Marche" , et leur enthousiasme, leur sourire m'a rappelé mes années d'études à Aix-En-Provence.
A cette époque nous croisions sur le cours Mirabeau "les Enfants de Dieu" qui pratiquaient ce qu'ils nommaient " le flirty Fishing" destiné à ramener vers la secte les "brebis égarés".
Même attitude éthérée, même candeur affichée pour amener les électeurs aux législatives,  sur la voie de l'Unique, le "Grand Tout" :  Frère Emmanuel , celui qui sauvera la France de tous les maux et sans lequel il ne saurait y avoir de salut.


Emmanuel et sa famille, Emmanuel auprés des blessés,  Emmanuel qui prend dans ses bras une militante en pleurs et lui transmets par ses bras puissants  l'énergie du divin,  dont il est l'incarnation ... en France
La mystique Présidentielle a rarement atteint de tels sommets et trêve d'ironie,  cela ne présage rien de bon pour notre avenir.
La perspective d'un parti unique qui de surcroît s'arroge le monopole de la lutte Anti-FN,  est véritablement catastrophique pour la République et notre Démocratie.


Les leçons du premier et deuxième tour de la Présidentielle n'ont pas été bénéfiques, et le message délivré par les Français,  au travers du vote FN, du vote des Insoumis , de l'abstention,  et des votes nuls,  est totalement occulté au profit d'une sorte de "Mystique Présidentialiste" qui a dépassé le stade de l'hystérie collective.
L'officialisation du rôle de la première dame et la curieuse manière dont le Président impose aux Français la femme qu'il aime, la mise en avant d'une "love story" dont on se fout et qui frôle l'indécence ( par pour le décalage d'âge évidemment) quand les préoccupations des Français et les enjeux qui les agitent, sont sérieux et graves.
Cela est d'autant plus curieux que par une loi de moralisation, le nouveau Président veut imposer la fin du népotisme et freiner les conflits d'intérêt, et cela n'est guère relevé par les observateurs de la vie Politique.


Les Français n'ont pas dit qu'ils souhaitaient remplacer des vieux par des jeunes mais qu'ils ne supportaient plus l'absence de morale dans la vie politique, et d'ailleurs,  depuis quand l'âge peut constituer un brevet de sens moral.
Le peuple a hurlé sa douleur , a réclamé la prise en compte de ses aspirations profondes à la justice sociale, à la dignité, à un changement de société.
En aucune manière, il n'a réclamé une espèce de compassion larmoyante qu'on lui sert depuis l'élection et qui,  si on prend la peine d'y réfléchir , dégouline de paternalisme, chose qui a été rejeté par une grande partie des Français.


Il y a des limites dans la pratique de la symbolique quand le désir des Français clairement exprimé est celui de la vérité et de  prendre son destin en main.
D'autant que sur ce point, la mise en lumière du symbole n'a de sens que si on lui donne vie.


Dans ses déclarations, Emmanuel Macron en recherche d'une majorité de soutien, ce qui est légitime, déclare sans pudeur et de manière déraisonnable,  que son objectif est de tuer toute opposition.
Si les législatives prennent la forme d'un plébiscite, il est à craindre que la France s'installe dans une sorte de Monarchie Présidentielle de droit divin,  qui ne trouvera d'issue que dans,  et par les pires excès.
L'idolâtrie dans laquelle il se complaît n'est en rien un gage pour l'expression pluraliste que les Français ont appelée de leurs vœux


Alleluia !