mardi 28 février 2017

J'ai confiance en la justice de mon pays





Il fut un temps, pas si lointain, où courait une phrase marronnier chez nos hommes politiques : " j'ai confiance en la justice de mon pays".
A dire vrai, c'était l'époque durant laquelle il existait peu de chances pour que l'action publique  menée contre un élu aille à son terme, et au final, cette phrase était un peu emprunte de l'arrogance de ceux qui agissent en toute impunité.
Peu de magistrats osaient alors se confronter au pouvoir des politiques car le risque pris au regard du gain était par trop important.


La tendance actuelle est à la défiance marquée envers l'institution judiciaire  par ceux,  qui pour des raisons diverses,  se trouvent rattrapés par des affaires embarrassantes qui ont un dénominateur commun : l'argent.
Paradoxalement, ceux qui aspirent aux plus hautes fonctions,  et qui demain devraient être les garants de nos institutions, vivent assez mal l'intrusion du judiciaire dans le débat politique.
Il n'est guère surprenant de constater une convergence de vue sur ce point, entre,  le candidat de la droite républicaine,  et la candidate de l'extrême droite Française puisque chacun d'eux se trouve poursuivi pour des faits qui de leur point de vue relèvent du complot mais qui, semble-t-il, reposent sur des faits bien réels collectés par des magistrats indépendants.


Cela n'est guère surprenant car les deux idéologies véhiculées par ces partis ne diffèrent que par l'apparence physique de leurs représentants.
A ma droite , le notable de province catholique pratiquant et ... à ma droite la bourgeoise de Montretout héritière d'un parti souché sur la lie des extrémistes de tradition Française ( et pour certains "historiques" du parti  alliés au national socialisme, anciens putschistes...)


Quelle différence en effet entre un programme réactionnaire,  et un autre programme réactionnaire ?
L'habillage est probablement différent mais le fond reste identique : vision traditionnaliste, valeurs Pétainistes, archaïsme de la pensée sont en tout point identiques d'un coté comme de l'autre.
Marine distille la haine de l'autre et François est dans une stigmatisation un peu plus courtoise mais qui ne laisse que peu de doutes quant aux objectifs poursuivis.


Le discours fascisant sur la presse, les médias est parfaitement semblable,  et curieusement le danger que représente ce développement de la haine anti-médias ne semble pas émouvoir outre mesure les forces démocratiques dans notre pays.
La chasse aux fonctionnaires, autre dénominateur commun, constitue également un fait inquiétant, car si on peut convenir d'une nécessaire réforme de la fonction publique, on doit rappeler que le statut est le garant d'une indépendance face aux jeux politiciens, et  le fait de livrer une corporation de serviteurs de l'état à la vindicte populaire ( sans trop forcer tant il est vrai que le fonctionnaire ne bénéficie pas d'une grande popularité au sein de notre grand pays ) est pour le moins curieux voire détestable.


Nous avons donc en résumé, le discours contre les institutions judiciaires, contre les médias et contre la fonction publique qui réunit Fillon et le Pen.
Autrement dit, trois éléments piliers de notre système démocratique et républicain font l'objet d'un rejet de la part des candidats de droite ( puisque de toute évidence la frontière entre droite Républicaine et extrême droite a disparu depuis déjà quelques temps ).


Reste en lice un candidat gazeux qui prononce des discours éthérés,  la main sur le cœur et la larme à l'œil, un trublion tribun converti à l'hologramme, un frondeur issu d'un parti en déroute qui torpille sa candidature et un groupe de candidats sans voix dits "petits candidats".


Le vocable "élire" qui signifie faire un choix risque de disparaitre au cours de cette "élection" et le système qui est le nôtre sombrera avec lui.




Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire