mercredi 24 mai 2017

La conscience : l'arme absolue.








Encore un attentat ciblé pour la valeur du symbole qu'il représente, de très jeunes gens venus pour écouter leur idole.
Il est naturel que cela suscite l'horreur et une émotion partagée par l'ensemble de la communauté internationale, et c'est bien le but recherché par ceux qui manipulent à distance des criminels dormants, qui trouvent là,  un exutoire pour exprimer leur haine de l'autre.
Comme chaque fois que cela se produit, se posent les mêmes questions et s'expriment les mêmes interrogations sur les moyens à mettre en oeuvre pour que cela cesse.
Daesch sait et connait parfaitement les failles de notre pensée commune et compte sur notre incapacité chronique à penser le monde hors de nos périmètres restreints.

Tant que nous serons incapables de raisonner sur une autre échelle,  à la fois Géographique, Historique et Philosophique, il y a fort à craindre que l'impact de ces actions sur nos territoires porte ses fruits.
Depuis Mars 2015, environ 3800 morts civils ont été causés par la coalition des alliés de l'Arabie Saoudite dans le conflit  Yéménite.
Bien évidemment, il n'est pas question de se livrer à une comptabilité morbide qui n'aurait aucun sens et qui serait indigne.

Ceci étant, il convient de s'interroger sur nous-mêmes, nos mentalités,  et sur l'ensemble des illusions qui nous voilent la vérité et font de nous des cibles parfaites,  pour ceux qui cherchent à nous diviser.
Jusqu'alors, la digue n'a pas cédé mais certains signes sont inquiétants.
Lorsqu'une éditorialiste sur une radio périphérique, au lendemain de l'attentat,  pose la question de savoir si il ne serait pas préférable pour les musulmans intégristes de "raser leur barbe", j'y vois la réussite de l'entreprise destructrice des criminels de Daesch.
On pourrait dire qu'il ne s'agit là que d'une réflexion stupide (à juste titre d'ailleurs), mais pendant encore combien de temps allons nous tenir face à l'horreur programmée par le Terrorisme qui clairement ne cessera pas de si tôt.

Il y a donc, au-delà des actions indispensables sur le plan de la stratégie du combat, à faire un travail, certes long, pour faire évoluer les consciences.
En finir, avec une mythologie qui nous emprisonne, et qui nous conduit à penser que la barbarie, la violence, sont des épiphénomènes, alors que la simple observation devrait nous amener à penser l'inverse.
L'homme n'est pas "naturellement bon" et "admettre n'est pas renoncer".
Qui, au regard de l'histoire, pourrait nier que la puissance de la conscience collective, voire parfois même d'un seul homme, est à même de  constituer un rempart solide contre les oppressions de tous ordres ?

J'entends déjà ceux qui taxeront ce discours de naif, voire de criminel,  mais il ne s'agit pas d'évacuer les solutions radicales qui sont indispensables, mais d'aller plus loin et d’entamer une marche sur une voie qui nous sortira de la faiblesse dans laquelle nous sommes,  et qui fait de nous des proies faciles pour les obscurantistes de tous bords.

Changer, non pas le monde,  mais notre vision restreinte, notre périmètre étriqué, pour aller vers une Conscience Universelle, ne relève pas de la philosophie de comptoir,  mais constitue le moyen le plus durable de lutter contre ceux qui jouent avec nos consciences.
Au-delà d'une réalité bien tangible et sanglante, nous sommes dans un conflit qui cherche à atteindre la profondeur de nos convictions, et à cela nous devons opposer la puissance de notre lucidité, la force de nos convictions.

Nous pouvons tous ensemble gagner ce conflit là,  et c'est en ouvrant les yeux sur le monde et en luttant contre nos peurs que nous nous opposerons au terrorisme.
Pour ceux qui en douteraient, je recommande un séjour dans des pays qui vivent cette situation depuis des années , et qui n'ont jamais cédé.
Au-delà des armes , c'est leur conscience collective qui les fait se tenir debout.




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