Le monde est tel qu'il est aujourd'hui et le fut par le passé: imparfait , monstrueux , beau, riche , pauvre.
A l'image de ce que nous en faisons , nous les hommes , ni meilleur , ni pire que durant toute l'histoire de l'humanité qui s'est construite dans le sang mais aussi par les idées de quelques éclairés , et également par la mise en œuvre de capacités réelles à se révolter.
Quel est donc la spécificité de notre environnement actuel qui amène tant de pessimisme et de morosité.
Un système profondément inégalitaire admis par un grand nombre comme le seul possible et envisageable , celui qui érige le commerce des marchandises comme préoccupation principale , comme sésame pour atteindre le bonheur absolu qui est celui de consommer.
Ce système , nous nous y soumettons et pour la plupart d'entre nous sans même remettre en cause sa validité.
Nous nous révoltons lorsque individuellement nous sommes affectés ou lorsque à force de matraquage , la douleur devient par trop insupportable et pique le peu de conscience qu'il nous reste.
Nous sommes incapables d'exercer ce sens de l'observation que chacun d'entre nous développe depuis sa prime enfance et qui pourtant est la condition première à l'exercice du sens critique.
Gavés comme les oies , on nous a retiré depuis longtemps notre foi , servie à la table des grands de ce monde qui s'en délectent à chacun de leur repas.
La foi en nos capacités de nous tenir debout face à l'adversité , à exprimer des revendications légitimes , à agir contre les injustices , la barbarie , l'incroyable arrogance de ceux qui se partagent le monde au détriment de l'humanité toute entière.
Sortir de cette soumission reste et restera le seul espoir d'une humanité qui se meure et qui cette fois ne trouvera pas son salut par on ne sait quel miracle.
Même les grands rassemblements de ceux qui s'indignent de façon sélective , comme pour Charlie ou les attentats de novembre ( en omettant de s'interroger sur le caractère quotidien de ces atrocités dans de nombreuses contrées ) , ne sont que l'expression du désespoir et de l'auto compassion d'une société nombriliste et égocentré.
Point de révolte dans cela , mais simplement l'expression pathétique d'une réelle incapacité se mettre en mouvement pour que cela change.
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