mercredi 25 janvier 2017

HUMEUR

Il n'est pas simple de conserver son sens de l'observation intact,  sa conscience en action,  lorsque le réel vient nous blesser.
Comment faire pour ne pas céder à nos émotions, quand tant et tant d'événements nous incitent à réagir, à faire parler l'affect alors qu'il serait essentiel de conserver la maîtrise de soi.
Au quotidien, nombreux sont les éléments extérieurs qui suscitent une souffrance telle, que le besoin irrépressible d'expulser la douleur par le cri et la violence devient la seule issue possible

Chaque jour, nous sommes abreuvés d'images de violence de tout ordre, pas seulement une violence immédiate, la guerre par exemple qui constitue le paroxysme de l'expression de la violence.
Il y a également les heurts quotidiens liés aux injustices, même celles qui semblent anodines ( mais l'évaluation de la douleur reste intime et ne peut relever d'aucune comparaison ).
Le flot de l'actualité contribue à entretenir les peurs de chacun d'entre nous et ainsi à nous enfermer dans une servitude liée à la crainte de lendemains qui pourraient nous amener plus de douleur encore.

Le discours politique n'est constitué que de sentences graves sur l'état de notre économie, de notre société, certes en état de décomposition, mais cela pour mieux nous conditionner à des sacrifices qui ne profiteront une fois de plus qu'à un groupe de personnes, qui pourront ainsi poursuivre leur oeuvre de déconstruction du monde à leur profit.

Ce que l'on nommait les peurs du moyen age reste le principal ressort de la gouvernance : la peur du nucléaire, de l'expansion de l'Islam, de l'étranger, du climat.
Or, tous ces thèmes, qui relèvent bien souvent d'une vérité constatée, ne sont là que pour contribuer à créer un climat favorable à l'émergence non pas d'une conscience, mais plutôt à l'établissement d'un pouvoir autoritaire qui nous prendrait en charge jusqu'à nous enlever toute forme d'autonomie.

Toute voix qui s’élève pour proposer une alternative, une autre vision du monde,  fondée sur la  prééminence et la  pratique du juste, est aussitôt disqualifiée et assimilée à une utopie dangereuse.
Dire aujourd'hui, que notre système est en faillite relève de la subversion alors qu'il s'agit tout simplement d'un constat que chacun peut faire.

Nous sommes en guerre oui! mais pas forcément de la manière dont cela nous est présenté et sûrement pas contre l'ennemi désigné.
Nous sommes en guerre contre nous-mêmes , contre nos peurs qui nous enferment dans une prison dont nous avons la clé sans pouvoir l'utiliser.
Nous sommes dans un combat pour évacuer les contraintes et les voiles qui nous masquent la lumière.


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