Je me souviens de cette chanson de Michel Fugain qui disait : " ils font l'amour le samedi les gentils et ils font ça tout le temps les méchants" et , bien que connotée "soixante huitard" mettait en relief le conformisme d'une époque , la lourdeur des codes et règles qui s'appliquaient jusque dans la couche des citoyens.
Le mot "gentil" se dit, hélas bien et trop souvent, pour qualifier une personne qui ne dérange rien, qui sourit niaisement , qui donne de l'amour même à ceux qui n'en demandent pas et dans un contexte qui ne s'y prête en aucune manière.
Le milieu professionnel , en tout cas celui qui est le mien, est envahi de personnes qui faute de compétence avérée , s'abritent derrière la "gentillesse" pour susciter l'empathie et la bienveillance dont ils ont tant besoin.
Lorsque l'on veut employer un qualificatif qui se veut élogieux, il n'est pas rare d'entendre : "il est gentil" et cela constitue une sorte de sésame suffisant pour justifier sa position voire même une promotion.
Le message qu'on nous délivre est celui de la bienveillance vis à vis d'autrui et cela ne peut être condamné, et bien évidemment pas condamnable en soi.
Le seul problème est que cela occulte tout le reste, et notamment les qualités professionnelles qui sont utiles à la bonne marche de l'entreprise.
Être humain constitue un pré requis mais aujourd'hui cela est bien souvent perçu comme une qualité première, et notamment pour nos managers en quête d'amour, qui peinent à s'emparer d'une autorité qui leur a été confiée et pour laquelle ils sont rémunérés.
Cela rejoint la question d'une société nombriliste , celle du selfie, celle qui dit jusqu'à en vomir : " Regardez moi , Aimez moi ".
Moi ce sont "les gentils" qui m'insupportent , ceux qui se trimbalent avec la tête penchée et le cœur en bandoulière , cherchant une reconnaissance totalement égocentrique et donc vide de sens.
Ce ne sont pas des personnes généreuses bien au contraire, elles ne donnent rien et ne sont là que pour recevoir de quoi satisfaire leurs frustrations , remplir le vide abyssal d'une conscience étouffée par le souci de leur apparence.
De plus ces gens qui se prévalent d'une bienveillance dont ils tirent profit, peuvent représenter un danger lorsque celle-ci est remise en cause , car ils ont fondé tout leur système de vie sur cela et ne peuvent supporter d'être découverts.
Cela donne bien souvent des réactions violentes , à la hauteur de l'enjeu que cela représente pour leur existence.
Retirer à un "gentil" sa seule qualité signifie lui ôter son seul lien à l'existence.
Quasiment un phénomène de société. la gentillesse devient une qualité première dans les relations humaines et professionnelles.
RépondreSupprimerOn s'abrite derrière ce qualificatif pour faire passer le vide , l'absence de substance.