lundi 8 mai 2017

MISSISSIPPI BURNING








" My old man was so full of hate that he didn't know that bein' poor was what was killin' him"
C'est une phrase prononcée par le personnage magnifiquement interprété par Gene Hackman dans le film de Alan Parker " Mississippi burning".
" Mon père était tellement aveuglé par la haine qu'il était incapable de comprendre que c''était la pauvreté qui le tuait".

J'ai regardé,  comme beaucoup de Français,  la soirée électorale du 7 mai, et j'ai entendu les discours des uns et des autres, hommes du passé, se perdrent dans des stratégies en vue des législatives et j'ai pensé :" ils n'ont donc rien compris".
L'intervention de Dominique de Villepin,  sur la nécessité pour le nouveau Président de redonner de la grandeur à la fonction, était très juste,  et très intelligente,  mais... totalement décalée au regard des attentes exprimées dans le vote et non vote de'une grande partie des Français.

On poursuit comme si il ne s'était rien passé,  à exprimer l'attente du nouveau Président d'une majorité Présidentielle qui lui soit acquise,  et qui  lui permettra d'imposer à une immense partie des Français,  une politique qu'elle sera condamnée à subir.

Au travers du vote Mélenchon,  La pauvreté, le désespoir de mes concitoyens s'est exprimé avec force dans ce scrutin, ,  un vote pour un changement des institutions et de société, émanent d'une frange de la population politisée,  qui s'organise en mouvement de fond,  à même de proposer.
Au travers du vote Le Pen,  un vote,  celui-là  assimilable à celui des "petits blancs" qui reportent leur misère réelle sur " l'autre", "celui qui a 15 gosses , qui touche les allocs , se fait soigner gratuitement, loger aux frais de l'état".

Hier soir, à l'exception des "insoumis" s'exprimant par la voix de leur représentant JL Mélenchon, il n'y a pas eu de voix de raison pour dire que le système dans lequel nous évoluons depuis 50 ans était mort le 23 avril.
Il semble difficile de faire comprendre aux politiques qui sont la cause de la montée de l’extrême droite, que le salut du pays passera par un changement profond de la vision de la société Française.
Impossible de les amener à admettre que le chantier primordial est la lutte contre la pauvreté, les injustices.
Impossible car ce système leur profite tout autant que l'exploitation de celui-ci par les cyniques du Front qui ne soucie guère du peuple mais qui lui parle.

La France brûle et ne pas le voir est porteur de violences qui,  immanquablement,  prendront la place d'un débat démocratique biaisé par une caste dirigeante qui nous emmène à notre perte.

Pathétiques et dangereux sont les "Baroin Dati Wauquiez, Cambadélis Royal, Collomb", ceux qui hier soir ont une fois de plus contribué à assassiner notre République.
Leur aveuglement ne peut que nous conduire à ce "dégagisme" que d'aucuns ont dénoncé comme démagogique mais qui semble être la seule solution, le seul espoir d'un changement véritable.

Nous ne pouvons nous résoudre à ce que la seule alternative soit représentée par le discours démagogue du Front,  représenté par une caste de médiocres,  avides de pouvoir,  qui remplaceront une nomenklatura par une autre encore plus dangereuse.
Alors oui, je souhaiterais que la France réussisse à se sortir du marasme dans laquelle elle se trouve,  mais cela ne peut se faire dans ce que l'on peut qualifier d'attitude "Munichoise", celle qui consiste à penser que l'on a écarté un danger alors que l'on n'a fait que lui donner les clés.

La complicité affichée entre Hollande et Macron lors de la cérémonie du 8 mai , qui est bien au-delà de la courtoisie Républicaine,  est un signe qui sera exploité par la droite et l'extrême droite, pour conforter la thèse d'une stratégie savamment élaborée pour la poursuite d'un système rejeté et honni.

Ce seront donc les législatives et,  pour ce que je crois,  la rue qui régleront définitivement la question de la Vème République et de ce qu'elle finit par engendrer à force d'être dénaturée : un régime autocratique, monarchique au service d'une aristocratie comparable à ce qu'elle fut en d'autres temps.






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